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La CNMC ouvre une procédure de sanction contre Exolum pour de possibles abus dans ses tarifs et l’accès aux oléoducs

L’autorité de la concurrence enquête sur trois pratiques anticoncurrentielles présumées du principal opérateur logistique d’hydrocarbures d’Espagne, dont le refus d’accès à ses installations dans le port de Tarragone, qui avait déjà fait l’objet d’une décision du régulateur en 2025.

La CNMC ouvre une procédure de sanction contre Exolum pour de possibles abus dans ses tarifs et l’accès aux oléoducs
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La Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) a ouvert une procédure de sanction contre Exolum Corporation pour trois possibles abus de position dominante sur les marchés du transport et du stockage d’hydrocarbures liquides, de biocarburants et d’autres produits chimiques. L’enquête porte sur l’application de tarifs présumés excessifs et sur les restrictions d’accès aux infrastructures logistiques utilisées pour la distribution de produits pétroliers, notamment dans le port de Tarragone.

La procédure, identifiée sous la référence S/0005/26, a été ouverte après que la Direction de la concurrence a analysé plusieurs rapports élaborés par la Chambre de supervision réglementaire et un différend lié à l’accès de tiers aux installations de transport d’hydrocarbures. Dans le cadre de ses investigations, l’organisme de surveillance a effectué une inspection au siège d’Exolum afin de recueillir des informations sur les pratiques examinées.

La CNMC estime que la société, en sa qualité de principal opérateur de logistique primaire d’hydrocarbures liquides en Espagne, aurait pu utiliser sa position sur le marché pour maintenir des marges élevées en augmentant ses tarifs. Parallèlement, elle cherche à déterminer si certaines décisions concernant l’accès à ses installations ont limité l’activité d’autres opérateurs qui doivent utiliser le réseau d’oléoducs pour fournir leurs services.

Selon l’organisme de régulation, ces comportements pourraient avoir eu des conséquences tant pour les entreprises concurrentes que pour les consommateurs. Dans le premier cas, en raison des difficultés d’accès à une infrastructure nécessaire à la distribution de produits pétroliers ; dans le second, en raison de l’éventuelle répercussion de l’augmentation des coûts logistiques sur les prix finaux. La CNMC n’a pas quantifié ces effets potentiels dans son communiqué annonçant l’ouverture de la procédure.

L’un des précédents documentés concerne le différend soulevé par Euroenergo España, société propriétaire d’un terminal de stockage de produits pétroliers et de biocarburants dans le port de Tarragone. En juin 2024, cette entreprise a déposé une réclamation auprès de la CNMC après qu’Exolum a refusé d’autoriser le raccordement de ses installations au réseau national d’oléoducs.

Le différend remontait à la relation contractuelle que les deux sociétés avaient établie en octobre 2011 pour utiliser un raccordement indirect via les installations de Terquimsa III. Selon les documents du régulateur, Exolum a annoncé en 2019 la résiliation de cet accord, ce qui a donné lieu à plusieurs négociations en vue de rétablir l’accès.

Euroenergo possède à Tarragone un terminal d’une capacité de 331 000 mètres cubes, répartis dans 18 réservoirs, ainsi que trois postes d’amarrage pour navires. L’entreprise a fait valoir que l’absence de raccordement au réseau d’oléoducs limitait ses possibilités de distribution nationale et rendait son activité logistique tributaire des opérations effectuées par navires et par camions.

Le 25 novembre 2025, la Chambre de supervision réglementaire de la CNMC a tranché ce différend en faveur d’Euroenergo. Dans sa décision, relative au dossier CFT/DE/199/24, elle a conclu que le refus d’Exolum d’autoriser l’accès par le biais d’une négociation menée dans des conditions techniques et économiques non discriminatoires, transparentes et objectives enfreignait l’article 41 de la loi 34/1998 sur le secteur des hydrocarbures.

Le régulateur a alors accordé à Exolum un délai d’un mois à compter de la notification de la décision pour présenter à Euroenergo une offre commerciale permettant de négocier un nouveau contrat de raccordement indirect via Terquimsa III. Il a également établi que les conditions et la durée de cet accord devaient être liées aux contrats existants entre Exolum et Terquimsa, et que le résultat devait être communiqué à la CNMC.

Au cours de cette procédure, Exolum a soutenu que le raccordement demandé présentait des difficultés techniques liées à la sécurité des opérations, à la qualité des produits transportés et à la configuration de son système logistique. La société a également nié avoir abusé de sa position dominante ou s’être livrée à un traitement discriminatoire. Ces arguments figurent dans la décision de 2025 et concernent ce différend relatif à l’accès, et non une réaction publique à la procédure de sanction annoncée ce mercredi.

L’infrastructure faisant l’objet de l’enquête appartient au réseau de transport d’hydrocarbures liquides par oléoduc d’Exolum en Espagne, dont la longueur dépasse 4 000 kilomètres. Selon les données publiées par la société elle-même, ses activités nationales comprennent également 35 installations de stockage, d’une capacité totale proche de huit millions de mètres cubes. Ce réseau permet de transporter et de stocker des produits pétroliers en vue de leur distribution ultérieure vers différents points de consommation.

Les comportements examinés dans le cadre de la nouvelle procédure pourraient constituer des infractions à l’article 2 de la loi 15/2007 sur la défense de la concurrence, qui interdit l’exploitation abusive d’une position dominante. Parmi les pratiques visées par cette disposition figurent l’imposition de prix ou de conditions commerciales inéquitables et le refus injustifié de satisfaire des demandes de prestation de services.

L’ouverture de la procédure de sanction est indépendante de la décision administrative adoptée en 2025 concernant le différend relatif à l’accès et ne signifie pas que les trois infractions faisant l’objet de l’enquête ont été établies. La Direction de la concurrence dispose désormais d’un délai maximal de 24 mois pour instruire et trancher le dossier, selon la CNMC.

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