L’Organisation européenne des ports maritimes (ESPO) a demandé aux États membres de l’Union européenne de maintenir le financement des transports dans le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034. Cette demande intervient à l’occasion de la réunion du Conseil européen qui se tient les 15 et 16 octobre à Bruxelles, où les chefs d’État et de gouvernement abordent, entre autres questions, la configuration du budget communautaire pour les sept prochaines années.
L’organisation portuaire participe, aux côtés de représentants d’autres secteurs du transport européen, à une lettre commune adressée aux dirigeants des États membres, dans laquelle elle demande que les négociations budgétaires ne se traduisent pas par une réduction des ressources consacrées aux infrastructures et à la connectivité du continent.
Cette initiative répond aux préoccupations du secteur quant aux conséquences que les ajustements budgétaires pourraient avoir sur les investissements nécessaires pour moderniser les réseaux de transport et adapter leurs infrastructures aux exigences économiques, environnementales et géopolitiques de l’Union européenne.
La secrétaire générale de l’ESPO, Isabelle Ryckbost, a indiqué que, même si les États membres défendent des priorités différentes dans les négociations, de la compétitivité économique à la cohésion territoriale et à la résilience, le financement des transports contribue à atteindre tous ces objectifs.
Selon la représentante de l’organisation, disposer d’un réseau de transport connecté et modernisé est essentiel pour faciliter le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement, améliorer les liaisons entre les marchés et les territoires et réduire les vulnérabilités de l’économie européenne.
Ryckbost a défendu l’idée que les responsables politiques européens devraient maintenir et accroître les ressources consacrées aux transports, compte tenu de leur rôle dans le marché intérieur et dans les relations économiques entre les différents États membres.
La demande commune du secteur s’articule autour de trois propositions budgétaires. La première consiste à rétablir l’enveloppe financière destinée aux transports au sein du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), l’instrument communautaire de financement des infrastructures qui prévoit des investissements dans les réseaux transeuropéens.
La deuxième proposition vise à réserver une part minimale du financement aux transports dans les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux, afin de garantir que ces investissements disposent de ressources spécifiques dans le cadre des nouveaux mécanismes budgétaires.
La troisième demande concerne le Fonds européen pour la compétitivité, dans lequel les organisations signataires estiment nécessaire d’inclure explicitement les transports parmi les secteurs pouvant bénéficier d’un financement. Elles précisent toutefois que cet instrument devrait compléter les programmes spécifiquement consacrés aux infrastructures, et non s’y substituer.
L’ESPO considère que les besoins d’investissement du secteur européen des transports sont considérables, tant pour l’adaptation technologique des infrastructures que pour répondre aux changements des chaînes logistiques et aux nouvelles exigences de connectivité.
L’organisation établit également un lien entre ces investissements et la capacité de réaction de l’Union européenne face aux situations d’incertitude internationale. À cet égard, elle estime qu’un réseau de transport intégré et adapté aux besoins actuels a des implications non seulement pour le commerce et l’activité économique, mais aussi pour la mobilité militaire et la préparation de l’Europe face aux éventuelles crises géopolitiques.
La secrétaire générale de l’ESPO a indiqué que le volume de ressources dont le secteur a actuellement besoin doit être évalué au regard de sa contribution aux priorités stratégiques communautaires et de son rôle dans le fonctionnement des marchés et des chaînes d’approvisionnement.
La nouvelle lettre commune fait suite à une autre communication ouverte adressée par le secteur des transports aux institutions européennes au début de cette année, qui soulignait déjà la nécessité de garantir un financement spécifique des infrastructures dans le budget communautaire.
Les organisations signataires demandent que ces revendications soient prises en compte lors des négociations du cadre financier pluriannuel 2028-2034, dont le contenu déterminera les ressources disponibles pour les politiques communautaires en matière de transports et d’infrastructures durant cette période.