Le financement de la transition énergétique des ports européens fait partie de la négociation du prochain Mécanisme Connecter l'Europe (CEF) pour la période 2028-2034, à un moment où les installations portuaires doivent faire face à des investissements dans l'électrification des quais, les connexions au réseau électrique et de nouvelles infrastructures pour les combustibles alternatifs.
La proposition présentée par la Commission européenne prévoit un budget de 81,428 milliards d'euros pour le futur Mécanisme Connecter l'Europe, dont 51,500 milliards seraient consacrés au transport. Les chiffres font encore partie de la négociation du prochain cadre financier pluriannuel et, par conséquent, ne constituent pas une attribution définitive.
La Stratégie Portuaire de l'Union européenne, adoptée par la Commission le 4 mars dernier, inclut parmi ses lignes d'action la transition énergétique de ces infrastructures et prévoit des mesures visant à faciliter leur électrification, améliorer les connexions aux réseaux électriques et favoriser l'accès au financement. La Commission elle-même indique que le CEF 2028-2034 sera l'un des instruments disponibles pour financer les investissements portuaires et que les projets OPS seront parmi les priorités de l'appel à propositions CEF de 2026.
Dans ce processus, la députée européenne Oihane Agirregoitia, co-rapporteuse du Parlement européen pour le nouveau Mécanisme Connecter l'Europe, a présenté en juin une série d'amendements afin que le programme reconnaisse spécifiquement les besoins énergétiques des ports. Parmi les investissements cités figurent l'électrification des terminaux, l'approvisionnement électrique des navires pendant leur séjour au port, les systèmes de stockage et de distribution d'énergie, et la génération d'énergie renouvelable au sein des enceintes portuaires.
Le Port de la Baie d'Algésiras, premier port espagnol par le trafic total, fait face à ce scénario réglementaire et financier avec un programme propre d'électrification de ses quais. Le Plan de Décarbonisation de l'Autorité Portuaire de la Baie d'Algésiras prévoit un investissement total de 90 millions d'euros pour développer des systèmes OPS à Algésiras et Tarifa. Le financement prévu combine des ressources de l'APBA avec des fonds NextGenerationEU, le Programme de Soutien au Transport Durable et Numérique et des fonds européens du Mécanisme Connecter l'Europe.
Le programme inclut 2,8 millions d'euros pour des points de fourniture à Isla Verde Intérieur et 5,95 millions pour le Quai Prince Philippe et le tronçon initial du Dique Nord. À ces opérations s'ajoutent 11,5 millions destinés aux appontements utilisés par les trafics avec Ceuta et Tanger et 67 millions pour les terminaux à conteneurs et d'autres quais de l'enceinte portuaire.
Ce dernier projet comprend les terminaux Juan Carlos I, où opère APM Terminals Algésiras, et Isla Verde Extérieur, où se trouve TTI Algésiras, en plus du Dique Exempt et du reste du Dique Nord. La planification de l'APBA établit pour ces installations une capacité d'approvisionnement allant jusqu'à 29 MVA en moyenne tension.
La feuille de route publiée par l'Autorité Portuaire prévoit d'étendre progressivement l'OPS jusqu'à atteindre les différents terminaux en 2030. Pour les terminaux à conteneurs de Juan Carlos I et Isla Verde Extérieur, ainsi que le Dique Exempt et le reste du Dique Nord, le calendrier du Plan de Décarbonisation place l'électrification à l'horizon du quatrième trimestre 2027.
La transition énergétique d'Algésiras ne se limite pas à l'approvisionnement électrique aux navires. Le même plan inclut une stratégie pour élargir la disponibilité des combustibles alternatifs. Les biocarburants et le GNL apparaissent déjà comme des options implantées, tandis que le méthanol et l'ammoniac sont en phase de développement et que l'hydrogène fait partie des technologies actuellement en recherche.
La Commission européenne estime à environ 10 milliards d'euros les fonds communautaires destinés depuis 2014 à des projets portuaires liés à l'énergie, à la durabilité, à la connectivité et à l'innovation. Le nouveau cadre financier communautaire déterminera le volume et les conditions des ressources disponibles après 2027 pour continuer à financer ce type d'infrastructures.
Le calendrier européen coïncide également avec les obligations établies pour la mise en œuvre de l'approvisionnement électrique aux navires dans certains ports du réseau transeuropéen de transport à partir de la fin de cette décennie, ce qui place les investissements dans les réseaux, les sous-stations et les points OPS parmi les actions que devront entreprendre les principaux ports maritimes européens.