L’APBA passe au crible son activité en 2025 : résultats économiques, infrastructures, numérisation et transition énergétique

Le rapport annuel et le rapport de gestion font état d’une hausse du trafic de conteneurs et de passagers, d’un chiffre d’affaires de 107,43 millions d’euros et de 31,39 millions d’euros d’investissements réalisés au cours de l’exercice, ainsi que des projets d’infrastructures, de numérisation et de décarbonation prévus pour les prochaines années.

L’APBA passe au crible son activité en 2025 : résultats économiques, infrastructures, numérisation et transition énergétique
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L’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras (APBA) a publié le rapport annuel et le rapport de gestion pour 2025. Ces deux documents présentent les résultats d’activité des ports d’Algésiras et de Tarifa, leur évolution économique et financière, les investissements réalisés et les principaux projets de développement des installations portuaires. L’exercice s’est clôturé sur 100,7 millions de tonnes de trafic total, 4,74 millions d’EVP et 6,35 millions de passagers, dans un contexte marqué par la reconfiguration des routes maritimes internationales et l’incertitude géopolitique.

Le trafic total du port de la baie d’Algésiras a atteint 100 685 681 tonnes, soit une baisse de 3,31 % par rapport à l’exercice précédent, au cours duquel environ 104,1 millions de tonnes avaient été comptabilisées. Malgré cette baisse, le port a dépassé pour la dixième année consécutive le seuil des 100 millions de tonnes et a conservé sa place parmi les principaux ports européens en volume de marchandises. Les statistiques comparatives figurant dans le rapport le placent derrière Rotterdam, Anvers-Bruges et Hambourg pour le trafic total.

Dans le segment des conteneurs, l’activité a progressé de 0,57 %, pour atteindre 4,74 millions d’EVP. En unités physiques, 2 770 682 conteneurs ont été manutentionnés, soit 0,25 % de moins qu’en 2024. L’évolution de ces deux indicateurs s’explique par l’écart entre le nombre de conteneurs manutentionnés et leur capacité, exprimée en unités équivalentes vingt pieds.

Le transit international a continué de représenter la majeure partie de l’activité conteneurisée, avec 3,59 millions d’EVP et une croissance annuelle de 5,21 %. Dans cette catégorie, le mouvement de conteneurs vides a augmenté de 46,31 %, tandis que celui des conteneurs pleins a diminué de 0,75 %. À l’inverse, le transit national a reculé de 25,03 %, tant pour les unités pleines que pour les unités vides.

Les opérations liées au commerce extérieur ont connu une évolution différente. Les importations ont atteint 329 516 conteneurs, soit une hausse de 0,15 %, tandis que les exportations ont augmenté de 4,39 %, pour s’établir à 324 180 unités. En tonnage, les marchandises conteneurisées ont totalisé 52,77 millions de tonnes, soit 6,14 % de moins qu’en 2024, bien que les exportations aient progressé de 6,09 % et les importations de 1,11 %.

Les marchandises diverses ont représenté 65,46 millions de tonnes, en baisse de 3,94 %. Les vracs liquides ont, quant à eux, atteint 28,46 millions de tonnes, soit 1,21 % de moins que lors de l’exercice précédent. Les opérations de chargement de ces produits ont augmenté de 0,68 %, tandis que les déchargements ont reculé de 2,25 %. Les vracs solides, qui représentent une part plus faible du trafic total, ont progressé de 14,49 %, pour atteindre 273 893 tonnes.

L’activité d’avitaillement a également diminué. L’approvisionnement des navires s’est établi à environ 3,2 millions de tonnes, soit 6,35 % de moins qu’en 2024, principalement en raison de l’évolution du marché de l’énergie. Cette baisse a touché l’approvisionnement en produits pétroliers, qui a reculé de 6,2 % tant pour les opérations à quai que pour celles au mouillage. Le volet consacré à l’exploitation portuaire précise que l’approvisionnement des navires en carburants et autres produits s’est élevé à 3 175 274 tonnes, dont 2 381 284 correspondaient à des opérations de soutage au mouillage.

En ce qui concerne le mouvement des navires, les installations gérées par l’APBA ont enregistré 30 888 escales en 2025, soit environ 2 % de moins que l’année précédente. Les escales de porte-conteneurs ont diminué de 4,68 % et celles des navires à passagers de 4,95 %, tandis que celles des pétroliers ont augmenté de 1,54 %. Le tonnage brut total des navires ayant utilisé les installations portuaires a atteint 543,6 millions de GT, en baisse de 1,06 %.

En revanche, le trafic maritime du détroit a progressé tant pour le mouvement de passagers que pour le transport de marchandises par route. Les ports d’Algésiras et de Tarifa ont totalisé 6,35 millions de passagers, soit 6,69 % de plus qu’en 2024. Le trafic passagers de la liaison Algésiras-Tanger Med a progressé de 5,91 %, tandis que la ligne Tarifa-Tanger Ville a enregistré une hausse de 14 %.

Le mouvement de véhicules transportés par les services passagers a dépassé 1,4 million d’unités, soit une hausse annuelle de 6,28 %. Le trafic de véhicules industriels a, quant à lui, atteint 527 087 unités, soit 4,23 % de plus que lors de l’exercice précédent. La liaison avec Tanger Med a représenté une grande partie de cette activité, avec une croissance spécifique de 4,73 % du transport routier.

Sur les escales enregistrées au cours de l’année, 20 468 correspondaient aux lignes maritimes du détroit. La liaison Algésiras-Ceuta en a comptabilisé 6 797, celle d’Algésiras-Tanger Med, 9 748, et la liaison Tarifa-Tanger Ville, 3 923. Ces mouvements ont eu lieu au cours d’un exercice marqué une nouvelle fois par des volumes importants de passagers et de véhicules lors de l’Opération Passage du Détroit.

D’autres segments d’activité ont connu une évolution contrastée. Les débarquements de poisson frais ont atteint 1 533 tonnes, soit 19,11 % de plus qu’en 2024. Le transport ferroviaire est, quant à lui, resté soumis aux contraintes de capacité du corridor Algésiras-Bobadilla et aux travaux de modernisation de ses infrastructures. Le rapport fait état d’un trafic ferroviaire de 28 392 EVP en 2025, inférieur à celui de l’exercice précédent.

Sur le plan économique, l’APBA a réalisé un chiffre d’affaires de 107,43 millions d’euros, contre 104,66 millions en 2024, soit une hausse de 2,64 %. Ce résultat s’explique par l’évolution des recettes issues des redevances portuaires, qui ont augmenté de 4,53 % et compensé la baisse enregistrée dans d’autres produits d’exploitation.

D’après les états financiers du rapport annuel, les recettes provenant des redevances portuaires se sont élevées à 97,67 millions d’euros, contre 93,44 millions lors de l’exercice précédent. Les postes ayant enregistré une hausse comprennent la redevance d’occupation, en augmentation de 9,64 % ; la redevance d’activité, en hausse de 9,17 % ; et la redevance passagers, en hausse de 7,72 %, en lien avec l’augmentation du mouvement des passagers et des véhicules.

En valeur absolue, les recettes issues de la redevance d’occupation ont atteint 18,10 millions d’euros, celles des redevances d’utilisation ont totalisé 61,44 millions et celles de la redevance d’activité se sont élevées à 15,66 millions. Parmi les redevances d’utilisation, celle sur les passagers a généré 22,87 millions d’euros, tandis que la redevance sur les marchandises a rapporté 24,30 millions.

Les charges d’exploitation ont diminué de 6,28 %, principalement grâce à la réduction de postes exceptionnels liés aux provisions et aux dépréciations. Toutefois, les charges ordinaires liées à l’activité ont augmenté de 13,84 %, sous l’effet de la hausse des fournitures, de 23,86 %, et des autres services extérieurs, de 20,99 %. Les frais de personnel ont progressé d’environ 6,62 %, en lien avec l’augmentation des effectifs.

L’évolution des recettes et des dépenses a permis de clôturer l’exercice avec un résultat de 35,65 millions d’euros, contre 29,29 millions en 2024. Le rapport annuel fait état d’un résultat d’exploitation de 25,16 millions d’euros, supérieur aux 17,63 millions de l’exercice précédent, et d’un résultat avant impôts de 32,48 millions.

En matière d’investissements, l’Autorité portuaire a réalisé en 2025 des travaux d’un montant de 31,39 millions d’euros, soit une baisse de 9,4 % par rapport au volume d’investissements réalisé en 2024. Parmi les projets menés figurent les travaux d’agrandissement du quai et de l’esplanade du bassin de La Galera, les interventions sur la digue de protection d’Isla Verde, la restauration du fort d’Isla Verde et les travaux dans le bassin d’El Saladillo.

Au cours de l’exercice, les travaux liés aux postes d’amarrage du port d’El Saladillo ont également été achevés et des interventions ont été réalisées pour améliorer les installations maritimes, les accès, les équipements d’amarrage et les équipements des zones portuaires. En octobre 2025 a été inauguré le quai Marqués de Rodil, destiné au service maritime de la Garde civile.

Le plan d’investissement de l’APBA prévoit de nouvelles opérations au cours des prochains exercices. Le plan d’entreprise 2025-2029 prévoit 580 millions d’euros d’investissements publics, auxquels s’ajoutent 700 millions d’euros correspondant à des initiatives privées. Ces prévisions s’inscrivent dans le Plan stratégique 2030, à l’horizon 2040, articulé autour de la compétitivité, de la décarbonation et de l’engagement social.

Parmi les projets intégrés à ce plan figure le Plan Hércules, doté d’un investissement estimé à 200 millions d’euros, qui vise à réorganiser et à accroître la capacité des installations destinées au trafic routier. Les travaux prévoient l’agrandissement du quai de La Galera, la modification du réseau routier intérieur et l’agrandissement du poste de contrôle frontalier. L’APBA vise à disposer d’une capacité permettant d’accueillir 800 000 véhicules industriels par an d’ici la fin de la décennie.

Parallèlement, les documents font état de la mise en place de systèmes d’alimentation électrique des navires à quai, dits OPS, pour un investissement prévu de 92 millions d’euros. L’électrification des postes d’amarrage fait partie de la stratégie de transition énergétique des installations portuaires et comprend des opérations prévues à Algésiras comme à Tarifa.

Dans le domaine des terminaux à conteneurs, le plan prévoit l’agrandissement de TTI Algésiras dans la phase B d’Isla Verde Exterior, projet pour lequel un investissement privé d’environ 150 millions d’euros est envisagé. Les travaux prévoient l’ajout d’environ 16 hectares au terminal semi-automatisé, dont la capacité annuelle devrait atteindre 2,1 millions d’EVP en 2028.

L’amélioration de la connectivité ferroviaire constitue un autre volet du rapport. L’APBA recense les travaux de modernisation du corridor Algésiras-Saragosse, notamment le renouvellement des voies, l’adaptation du gabarit des tunnels et l’allongement des voies d’évitement afin de permettre la circulation de services d’autoroute ferroviaire. Le document prévoit la mise en service sur voie ibérique le 15 septembre 2027.

À ces travaux s’ajoutent les projets d’agrandissement des terminaux ferroviaires portuaires d’Isla Verde Exterior, T1, et d’Isla Verde Interior, T2, dont les budgets estimés s’élèvent respectivement à 6,2 et 10 millions d’euros. Sont également prévues des modifications des voies d’accès, notamment la suppression du passage à niveau à l’entrée de la gare ferroviaire d’Algésiras et les travaux liés à la connexion de Botafuegos.

La documentation consacre également une section à l’activité logistique à l’extérieur de l’enceinte portuaire. La zone logistique de la baie d’Algésiras, composée des secteurs d’El Fresno et de San Roque, devrait couvrir environ 300 hectares à son plein développement. À El Fresno, la zone douanière de la baie d’Algésiras dispose de 80 000 mètres carrés de terrains à commercialiser, tandis que le secteur de San Roque comprend une zone intermodale de neuf hectares. Le rapport mentionne également l’investissement annoncé de six millions d’euros par Calsina Carré pour la création d’un centre d’exploitation et de services de transport.

La gestion du trafic terrestre s’est accompagnée de nouveaux outils numériques. En décembre 2025, le service unifié de transport de marchandises par route, intégré au Port Community System Teleport 2.0, est entré en service afin de centraliser les réservations d’embarquement et les créneaux d’accès des camions. Au cours de l’exercice, les travaux se sont également poursuivis sur la coordination des inspections, le contrôle des accès et les systèmes d’information destinés aux transporteurs et aux opérateurs.

La section consacrée à l’innovation fait état du renouvellement de la certification du système de management de l’innovation de l’APBA et de sa mise en conformité avec la norme internationale ISO 56001:2024. Le centre d’entrepreneuriat numérique en logistique portuaire du port d’Algésiras a également été lancé dans le cadre de l’initiative Misión Andalucía. En 2025, plus de 60 activités de formation et plus de 100 heures de mentorat spécialisé ont été organisées, tandis que les 13 premières jeunes entreprises ont rejoint le projet.

Les documents font également état du développement d’applications d’intelligence artificielle et de modèles prédictifs pour la planification opérationnelle, la gestion des arrivées de navires et les opérations de soutage, ainsi que de projets technologiques liés aux communications maritimes, à la surveillance des infrastructures et à la biodiversité marine.

Sur le plan environnemental, l’Autorité portuaire a présenté en août 2025 son plan de décarbonation, qui définit une feuille de route comprenant des mesures destinées à réduire les émissions de dioxyde de carbone équivalent de 36 500 tonnes. Au cours de l’exercice, le projet d’une centrale photovoltaïque avec stockage pour l’autoconsommation à la gare maritime d’Algésiras a été achevé et 38 bornes de recharge pour véhicules électriques ont été mises en service.

À la fin de 2025, la stratégie verte de l’APBA comptait 40 entreprises participantes. Les mesures environnementales menées comprennent également le suivi de la qualité de l’eau et de l’air, la lutte contre les espèces envahissantes et la gestion des déchets provenant des navires. Dans ce dernier domaine, environ 66 500 mètres cubes de déchets huileux MARPOL I ont été collectés, dont quelque 50 696 mètres cubes ont été traités dans les installations existantes du port d’Algésiras.

Dans le domaine de la biodiversité, des études ont été menées afin de détecter des espèces exotiques susceptibles de devenir envahissantes, notamment l’algue Rugulopteryx okamurae, dans les infrastructures portuaires d’Algésiras et de Tarifa. Des activités de sensibilisation ont également été organisées et, en octobre 2025, le Guide des cétacés du détroit, consacré à la connaissance des espèces marines présentes dans cette zone, a été présenté.

L’intégration des installations portuaires dans les communes environnantes constitue un autre axe abordé dans les documents. En décembre 2025, les travaux de la deuxième phase du lac maritime d’Algésiras ont été attribués, pour un investissement de 5 576 207 euros hors TVA, sur une zone de 16 091 mètres carrés. Prévus jusqu’en 2027, les travaux comprennent la transformation de la partie nord du Llano Amarillo, la création de nouvelles zones piétonnes, d’espaces verts et d’installations de loisirs, ainsi que l’aménagement d’un poste d’amarrage pour le bateau de visite de l’APBA.

Dans le cadre des mêmes opérations, la troisième et dernière phase de restauration du fort d’Isla Verde a été menée à bien. Le rapport prévoyait son achèvement pour la fin de 2026. Le projet comprend la restauration du phare, la muséographie de l’enceinte historique et la construction d’un espace d’interprétation culturelle doté d’une salle immersive de réalité virtuelle.

À Tarifa, l’APBA a rénové en 2025 la promenade de la rue María Coronel, pour un investissement de 413 000 euros et sur une superficie d’environ 1 500 mètres carrés. À San Roque, l’autorité portuaire a lancé un projet de restauration environnementale et paysagère du littoral compris entre l’embouchure du río Guadarranque et le ruisseau de Los Gallegos, à Puente Mayorga, pour un budget total de 955 136 euros et sur une portion de 2,4 kilomètres de côte.

Le rapport rend également compte des activités commerciales et de promotion internationale, menées en coordination avec l’Association de la communauté portuaire de la baie d’Algésiras (COMPORT). Au cours de l’exercice, des actions ont été menées lors de rencontres professionnelles consacrées au transport maritime, à la logistique, aux marchandises réfrigérées et au secteur de l’énergie, ainsi que dans le cadre de missions commerciales internationales, notamment celle organisée à Singapour en octobre 2025.

En matière de ressources humaines, l’Autorité portuaire a recruté 19 personnes et a clôturé l’exercice avec un effectif permanent de 409 salariés. Les nouveaux recrutements concernaient les services administratifs, les systèmes, les moyens mécaniques et la police portuaire. L’entité fait également état de 17 229 heures de formation en présentiel et à distance dispensées au cours de l’année.

La publication des deux documents coïncide avec la célébration du 50e anniversaire du début du trafic de conteneurs à Algésiras, lancé en avril 1975 avec les opérations de Sealand Ibérica au quai d’Isla Verde. Cette première année s’était achevée avec 19 495 EVP, contre 4,74 millions pour le port en 2025. L’année a également marqué les quatre décennies d’activité du groupe A.P. Moller-Maersk dans les installations d’Algésiras.

Le bilan présenté dans la documentation comprend plus de 1 500 escales cumulées de très grands porte-conteneurs et les records de productivité atteints par les terminaux du port, notamment lors des opérations du Maastricht Maersk en novembre 2025. L’APBA mentionne également la place obtenue par Algésiras, désigné port le plus efficace d’Europe dans l’indice Container Port Performance Index 2023, élaboré par la Banque mondiale et S&P Global.

Dans sa présentation institutionnelle, le président de l’Autorité portuaire, Gerardo Landaluce, cite l’incertitude géopolitique, la crise en mer Rouge, la modification des routes maritimes et les exigences réglementaires parmi les principaux facteurs qui ont pesé sur l’activité en 2025. Il souligne également la nécessité d’améliorer les connexions ferroviaires et routières, de disposer d’une puissance électrique suffisante et de prendre en compte les effets que, selon l’APBA, le régime européen d’échange de quotas d’émission a sur la concurrence entre les ports de l’Union européenne et ceux des pays tiers.

Le président relie ces questions à la planification des investissements publics et privés pour les prochaines années ainsi qu’aux projets de transformation énergétique et numérique inscrits dans le Plan stratégique 2030, à l’horizon 2040.

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