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La Clean Shipping Coalition demande à l'OMI de maintenir le Net-Zero Framework sans modifications face aux propositions alternatives

La coalition remet en question les propositions du Libéria, du Japon et du Brésil, tout en considérant que l'initiative des pays du Pacifique offre de plus grandes garanties climatiques.

La Clean Shipping Coalition demande à l'OMI de maintenir le Net-Zero Framework sans modifications face aux propositions alternatives
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La Clean Shipping Coalition (CSC) a demandé aux États membres de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) de maintenir leur soutien au Net-Zero Framework (NZF) actuel et d'éviter de nouvelles modifications qui, selon elle, réduiraient l'efficacité de l'accord climatique atteint après plusieurs années de négociations.

L'organisation a formulé cet appel à l'occasion de la célébration à Londres, du 1er au 4 septembre, de la 22ème réunion du Groupe de Travail Intersessions sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre provenant des navires, ISWG-GHG 22. Les discussions incluent l'avenir du NZF et son éventuelle adoption en décembre lors de MEPC 85/ES.2.

Le cadre a été approuvé lors de MEPC 83 en 2025 et intègre une norme mondiale de carburant destinée à réduire progressivement l'intensité des gaz à effet de serre des combustibles marins, ainsi qu'un système de paiements associé à la non-conformité à certains niveaux d'émissions. La CSC considère que ce schéma, bien que moins ambitieux que ce que défendaient initialement les organisations environnementales, constitue actuellement le point d'accord ayant le plus de soutien politique parmi les États membres.

Le président de la Clean Shipping Coalition, Lukas Leppert, soutient que tout affaiblissement supplémentaire du texte entraînerait une transition plus lente et des coûts plus élevés. La coalition lie l'adoption du cadre aux objectifs de la Stratégie de Gaz à Effet de Serre de l'OMI, qui vise à atteindre des émissions nettes nulles autour de 2050 et établit des niveaux indicatifs de réduction pour 2030 et 2040.

L'organisation rappelle que le transport maritime représente environ entre 2 % et 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. À partir de ce diagnostic, elle considère que les mesures économiques incluses dans le NZF sont nécessaires tant pour modifier les décisions d'investissement du secteur que pour financer une transition jugée juste et équitable pour les États les plus exposés à ses effets.

Parmi les questions débattues figure également le développement du cadre d'évaluation du cycle de vie des combustibles de l'OMI. Ce système déterminera les émissions bien-à-l’éveil et les critères de durabilité qui seront appliqués aux combustibles utilisés par la flotte internationale.

La CSC demande que cette méthodologie prenne en compte les émissions réelles des combustibles à base de méthane, notamment le GNL et le biométhane, en plus des effets dérivés de l'utilisation des sols et d'autres critères environnementaux et sociaux. Selon la coalition, la configuration de ces règles sera déterminante pour établir quels combustibles obtiennent des avantages dans le futur système international.

L'organisation a également analysé plusieurs propositions alternatives présentées par des États membres au cours des derniers mois. Parmi celles-ci, elle place les initiatives du Libéria et du Japon comme celles qui présentent les plus grandes différences par rapport au design actuel du Net-Zero Framework.

La proposition du Libéria remplacerait la trajectoire de réduction vers des émissions nettes nulles par un système qui permettrait de maintenir des carburants conventionnels lorsque les alternatives à faible intensité de carbone ne seraient pas disponibles ou seraient trop coûteuses. L'approche accorde également plus de poids au commerce des unités excédentaires et élimine l'obligation de faire des paiements à un fonds central.

La Clean Shipping Coalition considère que cette architecture réduirait les incitations économiques à abandonner les combustibles conventionnels et limiterait les ressources disponibles pour compenser les impacts disproportionnés dans certains États. L'organisation estime que l'approche constitue une modification structurelle du système conçu jusqu'à présent.

Le Japon a présenté, pour sa part, une formule alternative pour gérer les paiements de conformité. Au lieu de les diriger nécessairement vers un fonds centralisé, le système permettrait aux armateurs de destiner ces montants à des projets sélectionnés directement.

La CSC remet en question ce mécanisme en considérant qu'il pourrait réduire le contrôle sur la destination des ressources. Elle signale également des problèmes procéduraux liés au moment de la présentation de la proposition, n'ayant pas été distribuée six mois avant MEPC 85, condition habituelle pour l'adoption de modifications.

La coalition défend l'existence d'un fonds géré par l'OMI ou par une autre entité indépendante et estime qu'il doit disposer de ressources suffisantes pour aider les États qui pourraient subir des effets économiques disproportionnés durant la transition énergétique.

Avec les propositions du Libéria et du Japon, les organisations environnementales ont analysé les initiatives présentées par le Brésil et plusieurs États insulaires du Pacifique.

La proposition brésilienne envisage une trajectoire initiale de réduction des émissions moins exigeante que celle prévue dans l'actuel NZF et concentre une plus grande part de l'effort à partir de 2040. Selon l'analyse de la CSC, ce retard pourrait entraîner des coûts accumulés plus élevés durant la transition et réduire initialement les revenus destinés à financer des mesures de soutien.

L'approche brésilienne intègre également un dispositif dénommé "facility" pour traiter les effets distributifs de la transition. La coalition considère que sa capacité dépendra de la configuration finale du mécanisme et des ressources disponibles pour aider les pays exposés à des impacts économiques négatifs.

Dans une direction différente, la proposition présentée par plusieurs membres de l'OMI du Pacifique envisage d'appliquer une taxe carbone à l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime. La CSC considère que ce modèle générerait un signal économique plus large pour réduire les émissions et fournirait davantage de ressources pour financer la transformation énergétique du secteur et des mesures destinées aux pays affectés.

La coalition soutient cette proposition comme référence d'un modèle alternatif avec de plus grandes réductions potentielles, bien qu'elle maintienne que le Net-Zero Framework actuellement négocié constitue le point intermédiaire avec le plus grand soutien parmi les États membres et ne devrait pas être soumis à de nouvelles réductions.

La CSC lie également ces discussions au report survenu en 2025, lorsque la session extraordinaire MEPC ES.2 a été suspendue pendant un an. L'organisation considère que de nouveaux retards pourraient déplacer des décisions d'investissement vers des périodes ultérieures et concentrer les coûts d'adaptation sur des délais plus courts.

Le débat se poursuivra lors de l'ISWG-GHG 22 et des réunions ultérieures de l'OMI, avec décembre comme nouvelle référence pour décider de l'adoption du cadre réglementaire international pour la réduction des émissions du transport maritime.

- P U B L I C I T É -

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