Le port d'Algeciras présente ses projets de corridors verts lors d'un séminaire MEDPorts à Marseille
L'Autorité Portuaire de la Baie d'Algeciras a présenté lors du séminaire MEDPorts à Marseille ses projets de corridors verts et son approche en faveur d'un développement durable du port.
L'Autorité Portuaire de la Baie d'Algeciras (APBA) a participé au séminaire MEDPorts sur le Développement des Entreprises Durables, qui s'est tenu à Marseille et organisé par le Port de Marseille Fos, où elle a exposé ses projets de corridors maritimes verts et sa stratégie pour devenir un centre énergétique avec une vocation durable. La rencontre a rassemblé des ports méditerranéens, des institutions et des leaders du secteur dans le but de partager une vision commune et d’établir des engagements pour un système portuaire plus durable, résilient et compétitif.
Luis Núñez, chef du Département de la Stratégie et des Projets Européens de l'APBA, a été chargé de partager l'expérience d'Algeciras en matière de corridors verts, ainsi que l'importance de la coopération, de l'interopérabilité et des modèles d'investissement innovants dans la région méditerranéenne. Dans son intervention, Núñez a détaillé comment le port d'Algeciras adopte une approche intégrée combinant infrastructure énergétique et durabilité, se positionnant comme une référence dans les nouveaux standards pour les ports de demain.
Le séminaire, inauguré par les mots de bienvenue du directeur général adjoint du Port de Marseille, Rémi Costantino, et du président de MEDPorts, David Magro, a mis en évidence que les ports se développent avec plus de solidité lorsqu'ils avancent ensemble, à travers la coopération, le partage des connaissances et une vision commune pour un avenir maritime plus connecté et durable. Le développement des entreprises durables a été abordé comme une priorité stratégique transversale pour tous les ports participants.
Les deux sessions du séminaire ont généré un espace de débat entre des responsables de haut niveau sur les corridors maritimes verts, la transition énergétique au niveau portuaire et la préparation des infrastructures, transcendant les approches théoriques pour aborder des questions opérationnelles et commerciales concrètes. Des interventions a émergé un message clair : le développement de corridors verts n'est pas seulement un défi technique, mais aussi organisationnel et commercial, nécessitant des partenaires alignés, un soutien institutionnel et une acceptation réaliste des risques pour passer des projets pilotes à des écosystèmes évolutifs.
Les ports participants ont partagé leurs projets énergétiques en cours et ont réfléchi ouvertement sur le rythme actuel de la transition, se préparant à des combustibles alternatifs comme le méthanol et l'ammoniac, tout en continuant à gérer les besoins présents liés au gaz naturel liquéfié (GNL), à l'alimentation électrique des navires au port (OPS) et aux combustibles conventionnels.
Les conclusions des sessions, dirigées par Eduard Rodes et Alaa Morsy, ont souligné que la décarbonisation n'est pas un saut unique, mais un processus graduel et adaptatif qui combine l'approvisionnement électrique au port, les combustibles alternatifs, l'efficacité énergétique et l'intermodalité. À mesure que les ports évoluent vers des centres énergétiques, le progrès dépendra d'une action en tant que système méditerranéen intégré, alignant les incitations, les infrastructures et les données, et investissant pas à pas dans des solutions flexibles. Avec le développement de compétences professionnelles comme une lacune encore critique, l'autorité portuaire émerge comme une figure intégratrice et coordonnatrice, capable de transformer l'ambition collective en actions viables et finançables.
Le séminaire a également compté sur une intervention d'Isabelle Ryckbost, de l'Organisation Européenne des Ports Maritimes (ESPO), et de Peter de Langen, de Ports & Logistics Advisory, qui ont offert une présentation sur la vision stratégique pour le développement portuaire méditerranéen à l'ère de la transition verte. Les deux experts ont noté que les ports ne sont pas seulement en train d'évoluer, mais qu'ils sont en train d'être transformés par la transition énergétique, l'électrification, la digitalisation et les nouvelles dynamiques globales, qui façonnent un panorama complètement différent pour le développement portuaire.
Dans ce contexte, alors que les ports investissent significativement dans l'alimentation électrique au quai et l'électrification, la capacité du réseau électrique doit être priorisée pour les zones portuaires. Sans la puissance nécessaire pour égaler l'ambition, même la meilleure infrastructure risque de s'avérer insuffisante, transformant la transition verte en une question de compétitivité et non seulement environnementale. La transition exige une gestion des permis plus agile, des seuils de soutien public mis à jour et des stratégies de développement commercial plus solides dans les écosystèmes portuaires.
Lors de la clôture du séminaire, Amal Louis a souligné que la véritable force de la Méditerranée réside dans la coopération et non dans l'isolement. Les échanges tenus à Marseille n'étaient pas conçus pour rester dans la salle, mais pour servir de base à une collaboration plus profonde, des actions concrètes et des initiatives partagées au sein de la communauté MEDPorts, avec déjà un regard tourné vers le Forum MEDPorts 2026, prévu pour le mois de mai prochain.