DFDS a lancé un processus de restructuration qui inclut la recherche d'un nouveau directeur général pour succéder à Torben Carlsen, parallèlement à une série de mesures visant à améliorer sa rentabilité opérationnelle et à renforcer sa position stratégique, notamment sur des routes clés comme celles reliant le port d'Algésiras au nord de l'Afrique.
Le groupe danois a annoncé le 25 août dernier la signature d'un accord pour acquérir une partie des actifs de Naviera Armas dans le détroit de Gibraltar. L'opération prévoit l'incorporation de deux navires — un ferry RoPax et un ferry à grande vitesse (HSC) —, les permis d'exploitation des routes et l'absorption d'environ 200 employés. Le montant total de la transaction s'élève à 32 millions d'euros, et sa clôture est prévue pour le premier trimestre de 2026, une fois les autorisations réglementaires pertinentes obtenues.
DFDS exploite déjà les routes Algésiras-Tanger Med et Algésiras-Ceuta, où les navires acquis sont actuellement déployés par Naviera Armas. Avec cette intégration, l'entreprise augmentera sa capacité opérationnelle et élargira son offre tant pour le transport de marchandises que pour les passagers dans une zone stratégique pour le commerce entre l'Europe et le Maghreb. Selon les estimations de la compagnie maritime, cette expansion de la flotte générera des revenus supplémentaires d'environ 67 millions d'euros à partir de 2026.
L'activité de DFDS dans le détroit de Gibraltar montrait déjà un comportement positif. Au troisième trimestre de 2025, les volumes transportés ont augmenté de 6 % par rapport à la même période de l'année précédente, malgré une diminution du nombre de départs, ce qui a légèrement réduit le nombre de passagers transportés (-1,2 % ajusté). Néanmoins, le revenu moyen par passager a augmenté au cours du trimestre, renforçant ainsi la rentabilité du service.
Dans ce contexte d'expansion, DFDS a défini 2025 comme une "année de transition", marquée par des mesures visant à restaurer sa rentabilité après une année 2024 difficile. L'entreprise a activé un programme de réduction des coûts avec pour objectif d'économiser environ 40 millions d'euros par an à partir de 2026. Ce plan entraînera la suppression d'environ 400 postes, principalement dans les fonctions administratives, et impliquera une dépense exceptionnelle d'environ 13 millions d'euros qui sera enregistrée au dernier trimestre de l'année.
Parallèlement à ces transformations structurelles, la compagnie maritime a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions pour l'exercice en cours. La nouvelle estimation de l'EBIT pour 2025 se situe dans une fourchette de 80 à 100 millions d'euros.
Au troisième trimestre, les revenus du groupe ont augmenté de 4,2 % d'une année sur l'autre, atteignant 1.110 millions d'euros, mais le bénéfice opérationnel (EBIT) a chuté de 32 % à 72 millions d'euros. En particulier, la division des ferries a réduit ses revenus de 6,4 % et son EBIT de 28,7 %, entraînée par une baisse des volumes dans la Méditerranée et une reconfiguration des routes, qui a inclus la vente de la ligne Oslo-Frederikshavn-Copenhague et le retrait de la route Tarifa-Tanger Ville.
Concernant l'avenir de la compagnie, le Conseil d'administration de DFDS, présidé par Claus V. Hemmingsen, a lancé la recherche d'un nouveau PDG qui assumera le leadership de la prochaine étape stratégique. Torben Carlsen, qui a pris ses fonctions en 2019 et a été responsable de réalisations comme l'achat de UN RoRo et la gestion de la crise du Brexit et de la pandémie, continuera à occuper son poste jusqu'à ce qu'un remplacement soit effectué. Pendant cette période de transition, il maintiendra son implication dans la mise en œuvre du programme d'économies et de l'adaptation organisationnelle.
Le plan stratégique du groupe pour 2030 prévoit une transformation profonde autour de cinq axes : protection et croissance du bénéfice, standardisation des processus, numérisation, décarbonisation du transport maritime et logistique, et amélioration de l'environnement de travail. Dans ce cadre, DFDS s'est engagé à réduire de 45 % l'intensité des émissions de CO₂ de sa flotte et de 75 % dans ses opérations terrestres, des objectifs alignés sur l'initiative Science Based Targets (SBTi), à laquelle elle a adhéré officiellement en septembre 2025.