Le président de l'Autorité Portuaire de la Baie d'Algeciras (APBA) et vice-président de l'Association Européenne des Ports (ESPO), Gerardo Landaluce, a demandé vendredi dernier à Bruxelles un dialogue constructif entre tous les acteurs du secteur pour corriger les effets adverses du système européen de commerce des droits d'émission (EU-ETS) sur la compétitivité du système portuaire européen. Cet appel a eu lieu lors de la présentation des premiers résultats de l'Observatoire des Ports de l'État, tenue dans la capitale européenne et organisée par l'ESPO.
L'événement a été inauguré par le président de l'Autorité des Ports de l'État, Gustavo Santana, et a comporté l'exposé détaillé des principaux indicateurs présenté par Manuel Arana, directeur de la Planification et du Développement des Ports de l'État. Landaluce a clôturé la rencontre par une intervention dans laquelle il a souligné qu'avec les ajustements nécessaires de la réglementation actuelle, « nous pouvons saisir cette opportunité pour atteindre les objectifs climatiques sans éroder la compétitivité des ports européens ».
Les données présentées à Bruxelles confirment ce que l'Autorité Portuaire d'Algeciras avertit depuis 2020 : l'application de l'ETS maritime génère un détournement de trafic et d'investissements vers des ports de pays tiers non soumis à cette réglementation. Selon les chiffres de l'Observatoire, dans les années à venir, jusqu'à 7,4 milliards d'euros de nouveaux projets pourraient être déplacés vers des ports concurrents situés hors de l'Union Européenne, ce qui se traduirait par une augmentation estimée de 60 % de leur capacité opérationnelle, au détriment direct des infrastructures européennes.
Lors de son discours de clôture, Landaluce a insisté sur le fait que l'investissement dans l'infrastructure portuaire a un caractère irréversible : « Fait dans un port, il reste pendant cinquante ans ou plus, et il ne revient plus et, au contraire, il compete avec nos ports ». Contrairement aux trafics, qui dans certains cas peuvent être redirigés entre ports européens à l'intérieur du marché intérieur, l'investissement perdu ne permet pas de récupération une fois qu'il a été matérialisé dans des pays tiers.



