L'Égypte prévoit de multiplier sa capacité de transport ferroviaire de marchandises avec le développement d'un réseau électrique à grande vitesse qui reliera des zones industrielles, des zones agricoles et des ports maritimes. Le projet, soutenu par le ministère des Transports, vise à porter le volume annuel de chargement transporté par chemin de fer à 13 millions de tonnes, contre 4 à 5 millions actuellement transportés par le réseau conventionnel.
L'annonce a été faite par le vice-premier ministre et ministre des Transports, Kamel Al Wazir, lors d'un acte commémoratif pour les 125 ans de présence de Siemens dans le pays. Le nouveau réseau ferroviaire reliera la côte de la mer Rouge à la Méditerranée et connectera des zones de matières premières comme Abu Tartur, Qena et Assouan avec des ports d'exportation.
Le tracé permettra, pour la première fois, de relier les villes côtières de la mer Rouge au Delta du Nil et d'étendre la connexion jusqu'à des zones comme East Oweinat et Toshka. Selon le gouvernement égyptien, l'infrastructure contribuera au développement régional et à la planification urbaine durable.
Le réseau à grande vitesse est conçu comme un corridor logistique multimodal qui intégrera le chemin de fer, le transport routier et les connexions aériennes. Le projet prévoit l'interconnexion des ports maritimes, des ports secs et des centres logistiques avec les principaux réseaux routiers, facilitant le mouvement de marchandises entre les zones de production et les marchés de consommation ou d'exportation.
Les deux premières lignes s'alignent avec le corridor de développement désigné, un axe stratégique proposé à l'ouest de la vallée du Nil. Ce couloir vise à articuler de nouvelles zones de peuplement et d'activité économique parallèles au cours d'eau traditionnel, désengorgeant les zones les plus densément peuplées.
De plus, le réseau soutiendra les exportations provenant de nouvelles zones agricoles comme New Delta, West Minya et Toshka, améliorant l'accès aux marchés nationaux et internationaux. L'amélioration des temps de transit et la fiabilité du transport ferroviaire font partie de la stratégie visant à réduire la dépendance au transport routier.
Dans sa phase initiale, le réseau à grande vitesse atteindra environ 2 000 kilomètres, avec des prévisions d'extension jusqu'à 2 250 kilomètres grâce à une quatrième ligne entre Port Saïd et Alexandrie. Parallèlement, la capacité de transport de passagers sera doublée par rapport au réseau conventionnel actuel.
Le projet prévoit également l'amélioration de la connectivité régionale, avec des liaisons ferroviaires transfrontalières potentielles vers le Soudan et la Libye, ce qui renforcerait le rôle de l'Égypte en tant que nœud logistique en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale.
Dans le cadre du plan de modernisation, 41 locomotives du modèle Vectron de Siemens Mobility seront intégrées, chacune ayant la capacité de tirer jusqu'à 1 200 tonnes. De plus, des investissements dans les ports secs, de nouveaux terminaux et des expansions de capacité dans les ports maritimes sont prévus.
Le gouvernement égyptien considère l'expansion du transport ferroviaire de marchandises comme l'un des piliers pour atteindre ses objectifs en matière de transport d'ici 2030. Selon des données citées par Siemens Mobility, le chemin de fer devrait absorber 46 % de la croissance prévue du volume total de marchandises pour cette date.
Bien que l'accent principal soit mis sur le transport de fret, le réseau reliera également des destinations touristiques comme Hurghada, Louxor, Assouan et Abou Simbel, facilitant les déplacements multi-destinations. Le projet reliera les deux rives du Nil et de nouvelles zones économiques émergentes, en accord avec les plans de redistribution de la population et de développement territorial de l'exécutif.
Avec cette infrastructure, l'Égypte aspire à intégrer de manière plus efficace ses chaînes logistiques, combinant le transport ferroviaire, maritime, aérien et routier en un système coordonné qui soutient la croissance industrielle et l'activité d'exportation du pays.



