L'Organisation Européenne des Ports (ESPO) a favorablement accueilli le projet de rapport parlementaire sur l'avenir du Mécanisme Connecter l'Europe (CEF III), élaboré par les co-rapporteurs Oihane Agirregoitia, représentant la Commission des Transports, et Kamila Gasiuk-Pihowicz, pour la Commission de l'Énergie et de l'Industrie, et qui sera débattu lors de la réunion conjointe des deux commissions le 15 avril. L'ESPO a particulièrement apprécié la reconnaissance explicite que le document accorde à l'importance stratégique des ports européens pour la compétitivité et la résilience de l'Union Européenne.
Le projet de rapport définit les ports maritimes comme des nœuds multimodaux transfrontaliers qui fonctionnent non seulement comme des centres de transport, mais également comme des plateformes pour le commerce, des clusters industriels, la mobilité militaire et des nœuds énergétiques. Cette caractérisation reconnaît la fonction transfrontalière des infrastructures portuaires, un aspect également mentionné dans l'annexe du règlement proposé par la Commission Européenne.
La secrétaire générale de l'ESPO, Isabelle Ryckbost, a souligné que le projet « montre une bonne compréhension du rôle stratégique des ports dans le contexte géopolitique et géoéconomique actuel ». Ryckbost a indiqué que l'organisation soutient la proposition de la Commission et a exprimé sa satisfaction de voir que les co-rapporteurs « adoptent le texte de la Commission et le renforcent encore davantage ». Néanmoins, elle a averti que « la force du futur CEF dépendra de son budget » et a exhorté les États membres à doter le mécanisme des ressources nécessaires, estimant que « les investissements dans les infrastructures de transport et, en particulier, dans les infrastructures portuaires sont des conditions clés pour relever les défis de l'Europe en matière de décarbonisation, de transition énergétique, de sécurité et de résilience ».
L'ESPO soutient l'approche adoptée par les co-rapporteurs concernant l'utilisation du CEF pour la mobilité militaire, non seulement pour soutenir les 500 projets considérés comme des points critiques, mais également pour faciliter les investissements dans les ports identifiés par leurs États membres respectifs comme des infrastructures stratégiques à double usage. Pour l'organisation portuaire, il est essentiel que les ports qui n'ont pas un statut formel dans le Réseau Transeuropéen de Transport (RTE-T), mais qui sont stratégiquement importants pour la mobilité militaire, puissent accéder au financement du CEF. En ce sens, l'ESPO considère que le critère géostratégique pour les ports, introduit lors de la dernière révision du RTE-T, devrait s'appliquer de manière systématique pour intégrer ces ports dans le réseau, ce qui fournirait une reconnaissance stratégique, une certitude dans la planification à long terme et un soutien adéquat.
L'organisation a également apprécié l'accent mis dans le projet sur la transparence et la prévisibilité à travers des programmes de travail pluriannuels incluant les objectifs des appels, les priorités politiques abordées, les calendriers indicatifs et les dotations budgétaires par secteur. Du point de vue de l'ESPO, l'allocation de montants budgétaires différenciés par mode de transport, associée à la clarté anticipée sur les priorités et les délais des appels, est essentielle pour que les postulants, y compris les autorités portuaires, puissent préparer leurs candidatures avec plus d'avance et de qualité.
L'ESPO a également exprimé son soutien à la proposition du projet de garantir le financement du CEF pour l'entretien des infrastructures existantes, considérant que préserver la performance et la résilience des infrastructures déjà construites est essentiel pour assurer la longévité des investissements réalisés.
Concernant les infrastructures énergétiques transfrontalières, l'organisation portuaire a demandé que le champ d'application du CEF inclue les infrastructures pour le transport de CO2, étant donné son importance dans le processus de décarbonisation industrielle.



