Le Port d'Anvers-Bruges a franchi une nouvelle phase administrative pour augmenter sa capacité de conteneurs sur la rive gauche de l'Escaut. Le gouvernement flamand a approuvé le 29 mai le projet préliminaire du Container Cluster Left Bank, l'une des principales actions du programme Extra Container Handling Capacity Antwerp.
Le projet, connu sous l'acronyme ECA, prévoit d'incorporer une capacité pour manipuler environ sept millions de TEU supplémentaires par an. L'initiative est menée conjointement par le Département flamand de la Mobilité et des Travaux Publics, le Port d'Anvers-Bruges et la corporation responsable du développement de la rive gauche de l'Escaut.
L'action a comme élément central la construction d'un deuxième quai à marée destiné aux porte-conteneurs adjacent à l'actuel Deurganck Dock. Autour de cette infrastructure, de nouveaux terminaux et espaces pour des activités logistiques et industrielles liées au trafic maritime seront aménagés.
Le plan retenu par le gouvernement flamand correspond à l'alternative dite Duplex, combinée avec l'emplacement ferroviaire Bundel West. Cette configuration intègre une capacité supplémentaire sur le nouveau quai, des terrains logistiques et industriels dans la zone des Three Docks et une installation ferroviaire pour la formation et la gestion de trains de marchandises.
Le projet prévoit également de remplir le Northern Cut Dock pour créer une nouvelle surface destinée à la manipulation de conteneurs, de transférer des lignes électriques à haute tension et de développer la zone industrielle et logistique de De Bieshoek.
L'ensemble des actions se situe sur le territoire municipal de Beveren-Kruibeke-Zwijndrecht. Le dossier comprend les modifications de planification, les autorisations environnementales, les licences nécessaires pour exécuter les travaux et un projet d'assainissement du sol.
L'extension inclut des mesures visant à limiter l'impact des nouvelles installations sur les noyaux résidentiels, les zones rurales et les espaces naturels environnants. Parmi celles-ci, figure la création d'une bande paysagère avec une élévation de terre qui séparera l'infrastructure portuaire des polders et de la localité de Doel.
Le Port d'Anvers-Bruges prévoit que les nouveaux terminaux utiliseront des technologies visant à réduire le bruit et éviter les émissions locales pendant les opérations. La planification réserve également une plus grande part au transport ferroviaire et à la navigation intérieure pour les mouvements avec le territoire continental.
La répartition modale constitue l'un des principaux composants du projet, en raison du volume supplémentaire de marchandises que générerait l'extension. La nouvelle installation ferroviaire devra faciliter la sortie et l'entrée de trains de conteneurs, tandis qu'une partie du trafic routier sera canalisée par des itinéraires éloignés des noyaux urbains voisins.
La proposition comprend également la création de zones de compensation environnementale à Doelpolder Sur et Prosperpolder Sur. Dans cette dernière zone, la récupération d'espaces humides liés à la dynamique des marées est envisagée. Le dossier environnemental analyse, entre autres, les effets sur l'eau, le sol, la qualité de l'air, le paysage, l'agriculture et les habitats naturels.
Le président du conseil d'administration du Port d'Anvers-Bruges, Johan Klaps, a lié l'extension à la croissance internationale du transport conteneurisé. Il a indiqué que le manque d'espace supplémentaire pourrait détourner des marchandises et des activités économiques vers d'autres ports européens.
L'Autorité portuaire considère que le nouveau nœud permettra de maintenir une capacité suffisante pour répondre à la croissance prévue et d'organiser les activités logistiques associées. Le projet fait partie d'une planification débutée en 2016 pour accroître la capacité de manipulation, disposer de terrains industriels et logistiques et améliorer les connexions multimodales avec les principaux réseaux de transport.
L'approbation du document ne constitue pas encore l'autorisation définitive. Le projet est soumis à une enquête publique pendant 60 jours, du 12 juin au 10 août 2026. Pendant cette période, particuliers, entreprises, institutions et organisations peuvent présenter des observations et des réclamations.
Une fois la consultation terminée, le contenu pourra être modifié pour intégrer les contributions reçues et les conclusions de l'évaluation environnementale. Le dossier devra ensuite passer par les procédures juridiques correspondantes avant que le gouvernement flamand prenne une décision définitive.
Le cadre de financement devra également être approuvé avant l'autorisation finale. Une fois la procédure terminée, le projet pourra entrer dans sa phase d'exécution, qui comprendra les travaux portuaires, ferroviaires, électriques, logistiques et environnementaux prévus pour la rive gauche de l'Escaut.