Panama Ports Company (PPC), filiale du groupe hongkongais CK Hutchison Holdings, a présenté une procédure d'arbitrage à Londres contre Maersk pour ce qu'elle décrit comme la participation de l'armateur danois à la prise de contrôle de ses terminaux portuaires à Panama. L'action judiciaire s'ajoute à l'arbitrage que PPC a déjà ouvert contre la République de Panama, dans lequel elle réclame 2 milliards de dollars en dommages et intérêts.
Le conflit trouve son origine dans la décision du gouvernement panaméen de prendre le contrôle des ports de Balboa et Cristóbal le 23 février 2026, après que la Cour suprême du pays a déclaré inconstitutionnelle la concession que PPC détenait sur ces deux terminaux. Par un décret exécutif, le Panama a pris possession des installations et des actifs associés, et a accordé des concessions temporaires pour leur exploitation à APM Terminals, la division des terminaux à conteneurs de Maersk, et à Terminal Investment Limited (TIL), le bras d'investissement en terminaux de MSC Mediterranean Shipping Company.
CK Hutchison avait exploité les terminaux de Balboa et Cristóbal de manière ininterrompue depuis 1997, avec un renouvellement de la concession en 2021. L'action du gouvernement panaméen est intervenue après un audit qui a conclu que Hutchison avait payé moins que ce qui était dû pour la concession, dans un montant estimé à environ 1,2 milliard de dollars. La décision s'inscrit dans un contexte de pressions exercées par l'administration américaine pour réduire l'influence chinoise dans l'environnement du Canal de Panama.
Dans sa demande d'arbitrage contre Maersk, PPC accuse l'armateur danois d'avoir agi en contradiction avec les termes contractuels et de s'être aligné sur le gouvernement panaméen dans ce que la société qualifie de campagne dirigée contre PPC pour la remplacer par de nouveaux opérateurs portuaires. PPC a précisé que la réclamation contre Maersk est indépendante de la procédure qu'elle maintient contre Panama, et a indiqué qu'elle poursuivra vigoureusement les deux voies juridiques, bien qu'elle n'ait pas précisé le type de compensation qu'elle demande dans le cas contre l'armateur danois.




