NextPort est le partenaire technologique et le jumeau numérique de l'Observatoire de l'EU-ETS des Ports de l'État, l'initiative convoquée par Ports de l'État pour mesurer l'effet des coûts du carbone sur le transport maritime et la compétitivité portuaire. La société développe et exploite la plateforme de données qui soutient l'analyse du consortium, et sa technologie est à l'origine du deuxième rapport de l'observatoire, publié avec des données jusqu'en mars 2026, qui chiffre à dix points le recul de la part des grands ports d'entrée de l'Union Européenne dans le transport longue distance, de 67 % à 57 % entre le premier trimestre de 2023 et la même période de 2026.
La plateforme gérée par NextPort combine quatre types d'informations : le suivi des navires, les données des escales portuaires, les registres des émissions et l'intelligence sur les services maritimes. Sur cette base, le système reconstruit le comportement du réseau de transport et permet à l'observatoire de confronter avec des données son hypothèse de travail, le possible détournement de trafic depuis des ports communautaires vers des hubs voisins non soumis aux mêmes coûts réglementaires. Un jumeau numérique est, en termes généraux, une réplique virtuelle d'un système physique — dans ce cas, le réseau de ports, de navires et de services maritimes — alimentée par des données réelles et mise à jour en continu, ce qui permet d'observer son comportement à mesure qu'il évolue.
La principale nouveauté technique de cette deuxième édition est l'incorporation du suivi au niveau du conteneur. Avec cette couche de données, la plateforme peut connecter les mouvements des navires avec les mouvements de la cargaison, c'est-à-dire suivre la marchandise après son arrivée dans les ports européens et dans les ports voisins situés en dehors de l'Union. Cette traçabilité facilite aux analystes l'identification de trois phénomènes qui jusqu'ici étaient difficiles à isoler : les réacheminements de trafic, les affaiblissements de connectivité et les possibles gains d'activité de la part de hubs non communautaires.
La différence est pertinente du point de vue méthodologique. Une analyse basée uniquement sur le comportement des navires détecte qu'une escale disparaît ou qu'un service change de rotation, mais ne révèle pas ce qui arrive à la cargaison : un conteneur peut continuer à arriver à la même destination finale par un autre chemin, à travers un transbordement dans un port différent ou une connexion feeder différente. En descendant au niveau du conteneur, la plateforme permet d'observer les changements dans le choix du port, dans l'activité de transbordement et dans les connexions feeder, et ainsi de distinguer une simple réorganisation de services d'un déplacement effectif des flux de marchandises.
L'observatoire dans lequel cette technologie s'intègre est une initiative de Ports de l'État, l'organisme public qui coordonne les ports de propriété étatique en Espagne, développé avec Shipping Business Consultant (SBC), le Centre for Transport Innovation (CENIT) et NextPort lui-même. Dans cette répartition des fonctions, il incombe à la société technologique à la fois le développement et l'exploitation continue de la plateforme, ce qui fait de son jumeau numérique l'infrastructure sur laquelle repose la série de rapports.
Pour NextPort, le deuxième rapport de l'observatoire montre comment la technologie numérique peut transformer des données opérationnelles, d'émissions et de conteneurs en preuves pratiques au service des autorités. Cette preuve, selon la société, sert à trois fins : évaluer le fonctionnement du régime européen de commerce de droits d'émission, protéger la compétitivité des ports et réagir rapidement à des déplacements indésirables dans le réseau de transport.
Le cas illustre le rôle que les jumeaux numériques et les plateformes de données commencent à jouer dans le suivi des politiques publiques de transport maritime. L'évaluation de l'EU-ETS nécessite des séries de données continues, comparables et suffisamment détaillées pour distinguer les mouvements conjoncturels des changements structurels, et cette fonction incombe à des outils capables d'intégrer des sources hétérogènes, du positionnement des navires à la trajectoire de chaque conteneur. La continuité de la série de rapports de l'observatoire dépendra, dans une large mesure, de la capacité de cette infrastructure technologique à maintenir et à élargir le niveau de détail atteint dans cette deuxième édition.
