Maersk et Hapag-Lloyd ont décidé que les services AE19 et AE15 transiteraient par le canal de Suez au lieu d'utiliser la route du cap de Bonne-Espérance, après avoir évalué la situation de sécurité dans la zone de la mer Rouge. La modification implique un retour limité au corridor de Suez et, pour le moment, ne s'étend pas à l'ensemble du réseau Est-Ouest.
La compagnie de navigation danoise a expliqué dans sa mise à jour du marché européen pour septembre que ces changements ont été adoptés spécifiquement pour les deux services et ne représentent pas un retour général de ses connexions entre l'Asie et l'Europe à la route de la mer Rouge et de Suez.
La compagnie surveille la situation dans la zone et communiquera les modifications possibles liées aux transits par Suez. Maersk indique que les conditions continuent d'être imprévisibles et que ses décisions donneront la priorité à la sécurité des personnes, des actifs et des marchandises transportées.
La situation des connexions entre l'Asie et l'Europe est également conditionnée par la saison des typhons de 2026 en Asie de l'Est. Selon Maersk, l'activité s'est située au-dessus des niveaux normaux, avec plusieurs typhons sévères touchant terre pendant une période de deux semaines.
Les phénomènes météorologiques ont provoqué des inondations, de la congestion et des retards dans les opérations des navires à différents points de la région. Les ajustements d'horaires, la congestion et les restrictions de capacité découlant de cette situation ont des effets sur l'ensemble du réseau maritime, y compris l'Europe.
À ces circonstances s'ajoute la proximité de la Semaine d'Or de Chine, prévue pour la première semaine d'octobre. Pendant cette période de fête, la disponibilité des travailleurs est traditionnellement réduite et des fermetures d'usines se produisent, avec des conséquences pour les programmes de production et les opérations logistiques.
Maersk prévoit d'ajuster son réseau entre l'Asie et l'Europe pendant cette période pour limiter les perturbations causées par la réduction d'activité en Chine.
Dans les ports européens, la compagnie signale également différents problèmes opérationnels. Les récentes actions de grève menées dans les terminaux allemands se sont ajoutées à la pression existante dans le nord de l'Europe et ont affecté les liaisons via Hambourg, Bremerhaven et Wilhelmshaven.
Maersk surveille cette situation et prévoit d'informer ses clients des éventuels changements de programmation et des mesures de contingence qui peuvent être adoptées.
En Belgique, les terminaux ont récemment enregistré des temps d'attente plus longs en raison d'un manque de disponibilité de pilotes. Selon les informations de la compagnie, l'activité est revenue à des niveaux normaux après le rétablissement de la disponibilité habituelle de ces professionnels.
La congestion continue également d'affecter des ports considérés comme clés dans le nord de l'Europe et la Méditerranée. La compagnie indique que la forte demande et certaines limitations opérationnelles exercent également une pression sur la capacité de plusieurs services.
Dans ce contexte, Maersk recommande de faire des réservations à l'avance, de fournir des prévisions précises sur les marchandises et la documentation correspondante et de retirer rapidement les conteneurs d'importation pour faciliter l'exploitation des terminaux.
Les difficultés s'étendent également au transport intérieur européen. Les faibles niveaux d'eau continuent d'affecter certaines des principales voies navigables, en particulier aux Pays-Bas et en Allemagne.
Les conditions enregistrées sur le Rhin ont réduit la capacité disponible pour le transport par barge et ont généré des difficultés pour les terminaux intérieurs. La compagnie surveille les niveaux d'eau et leurs conséquences sur les opérations.
La mise à jour de Maersk indique également différents changements réglementaires qui affecteront le commerce européen au cours des prochains mois. Le règlement de l'Union européenne sur les produits exempts de déforestation (EUDR) devrait être applicable à partir du 30 décembre 2026. La Commission européenne a publié de nouvelles orientations sur différents exigences de conformité.
De nouveaux exigences en matière de déclarations douanières pour les importateurs d'acier de l'Union européenne entreront également en vigueur à partir du 1er octobre 2026. Parmi elles figure l'obligation de fournir des preuves traçables sur l'endroit où l'acier a été initialement fondu et coulé.
Concernant le Mécanisme de Réglage aux Frontières pour le Carbone (CBAM), Maersk indique que les importateurs concernés doivent revoir les calculs des émissions pour 2026 en ayant utilisé des valeurs par défaut. La Commission européenne a révisé ces valeurs avec effet rétroactif depuis le 1er janvier de cette année, ce qui pourrait modifier le nombre de certificats CBAM nécessaires.
Le transport aérien de marchandises connaît, quant à lui, une croissance de la demande mondiale. Les données de l'Association Internationale du Transport Aérien (IATA) citées par Maersk montrent une augmentation annuelle de 12 % en juin, avec une demande particulièrement significative de marchandises de plus grande valeur liées à la technologie, aux semi-conducteurs et à l'intelligence artificielle.
Les volumes européens d'importation ont également augmenté, tandis que les exportations européennes sont revenues à des taux de croissance positifs.
La mise à jour de septembre place donc les opérations européennes de Maersk dans un contexte conditionné par le retour limité de certains services au canal de Suez, les conséquences des typhons en Asie de l'Est, la congestion des terminaux, les restrictions dans le transport fluvial et l'entrée en vigueur de nouvelles exigences réglementaires de l'Union européenne.
