Le Transport Maritime de Courte Distance (TMCD) en Espagne a enregistré 258 millions de tonnes en 2025, ce qui représente une baisse annuelle de 4,3 % par rapport à l'exercice précédent, selon les données de l'Observatoire Statistique du TMCD présentées par l'Association Espagnole de Promotion du Transport Maritime de Courte Distance (SPC Spain) lors de la réunion de son conseil d'administration tenue le 14 avril. Les résultats mettent en évidence l'effet que les nouvelles réglementations environnementales européennes ont sur ce segment du transport maritime, inversant la tendance positive que le secteur enregistrait au cours des années précédentes.
L'analyse du trafic global montre un comportement disparate selon le domaine : le trafic extérieur a chuté de 6,4 %, tandis que le cabotage a légèrement augmenté de 2,9 %, sans parvenir à compenser le recul du commerce international. En termes de présentation des marchandises, le trafic de marchandises générales ro-ro a été le seul segment à connaître une croissance, avec une augmentation de 2,2 %, grâce précisément au cabotage.
En ce qui concerne le TMCD international ro-ro, à l'exclusion des véhicules en régime de marchandise, le volume transporté a atteint 25,1 millions de tonnes en 2025, ce qui représente une diminution de 0,8 % par rapport à 2024. Néanmoins, l'évolution présente des différences significatives entre les façades : la façade Atlantique a enregistré un recul de 8,7 %, tandis que la Méditerranée est restée pratiquement stable avec une légère augmentation de 0,6 %.
La répartition par pays d'échange montre que la contraction se concentre sur les flux avec les partenaires de l'Union Européenne. Sur la façade Atlantique, tous les pays d'échange ont présenté des baisses : la Belgique a enregistré la chute la plus marquée, avec une baisse de 26,4 %, suivie de la France (-9,6 %), de l'Irlande (-7,3 %) et du Royaume-Uni (-2,2 %). Sur la façade Méditerranéenne, le stagnation s'explique par le recul des flux avec l'Italie (-6,0 %), partiellement compensé par la croissance du trafic avec le Maroc (4,6 %). Les échanges avec l'Algérie et la Tunisie ont enregistré des augmentations notables pour la deuxième année consécutive, de 32,4 % et 15,5 % respectivement, bien que les chiffres en valeur absolue restent très réduits.
Le TMCD international de véhicules en régime de marchandise a atteint 3,2 millions de tonnes en 2025, équivalant à environ 1,4 million de véhicules, avec une diminution de 7,7 % qui prolonge la tendance à la baisse observée en 2024. Cette réduction s'est concentrée sur la façade Méditerranéenne (-18,4 %) et sur les chargements (-14,7 %), tandis que la façade Atlantique a enregistré une croissance de 3,4 %.
La contraction de la demande a eu un reflet direct sur l'offre. La capacité des services de transport roulant alternatifs à la route a diminué de 16,6 % sur la façade Atlantique, passant de 3,0 à 2,5 millions de mètres linéaires, et de 11,0 % en Méditerranée, de 6,4 à 5,7 millions de mètres linéaires. Les compagnies maritimes ont réduit les fréquences pour s'adapter à la moindre demande. En ce qui concerne les Autoroutes de la Mer, un total de 10 services constituent actuellement l'offre : deux sur la façade Atlantique, les deux avec connexion au Royaume-Uni, et huit en Méditerranée (quatre avec le Maroc, deux avec l'Italie et deux avec l'Algérie). La façade Atlantique a perdu deux Autoroutes de la Mer et sa capacité a chuté de 22,6 %, pour se retrouver à un million de mètres linéaires. La Méditerranée, bien qu'ayant augmenté le nombre de services, a réduit sa capacité de 5,7 %.
Les données de l'Observatoire soulignent l'inversion de tendance que connaît le secteur. Entre 2013-2019, le TMCD a crû davantage que le transport routier, avec une augmentation annuelle moyenne de 7,8 % contre 4,6 %, et un facteur de corrélation entre les deux modes de 0,95. Entre 2021-2025, marqué par l'entrée en vigueur de réglementations telles que l'OMI 2020, le régime européen de commerce des droits d'émission (ETS) et le règlement FuelEU Maritime, l'évolution s'est inversée : le transport routier présente une croissance annuelle moyenne de 2,1 %, tandis que le TMCD connaît une contraction de 2,3 %, avec un facteur de corrélation qui passe à -0,64.
SPC Spain souligne que cette évolution devra faire l'objet d'un suivi et d'une évaluation dans le cadre de la révision de la Directive ETS prévue pour 2026, en particulier en raison de ses effets possibles sur la compétitivité du TMCD. L'association a également fixé la date du 25 novembre pour la tenue de sa Conférence Annuelle au Palais de la Magdalena à Santander, où seront débattues des questions telles que les corridors verts, la viabilité des réglementations de durabilité, le nouveau cadre réglementaire TEN-T, les nouveaux carburants pour le transport maritime et les éco-incitations.
