L'Autorité portuaire de la baie d'Algeciras (APBA) a lancé l'appel d'offres pour le contrat de maintenance et d'évolution du système PMS 2.0 (système de gestion portuaire), la plateforme sur laquelle repose la totalité des opérations maritimes du port de la baie d'Algeciras. Le budget de base de l'appel d'offres s'élève à 432 000 euros hors taxes (522 720 euros TTC), bien que la valeur estimée du contrat, y compris les éventuelles prolongations, atteigne 1 080 000 euros.
Il s'agit d'un système que l'APBA elle-même qualifie d'élément critique de son écosystème numérique. Grâce au PMS 2.0, le cycle complet de vie des plus de 30 000 escales enregistrées chaque année dans les eaux de la baie d'Algeciras est géré, depuis le traitement de la demande d'escale par le consignataire jusqu'à l'envoi à facturation des services correspondants, en passant par la coordination des manœuvres maritimes en temps réel. Une défaillance de ce système pourrait, selon la note justificative du contrat, mettre en péril les opérations du port et provoquer même l'arrêt du trafic maritime.
Le PMS fonctionne comme un noyau de coordination entre tous les acteurs impliqués dans l'opération portuaire : consignataires, prestataires de services, pilotes, amarreurs, remorqueurs et le département des opérations maritimes de l'APBA. Sa version actuelle, appelée PMS 2.0, est une évolution du système original qui a progressivement éliminé les dépendances vis-à-vis d'applications tierces ou obsolètes d'un point de vue technologique.
Le contrat aura une durée initiale de deux ans, avec la possibilité d'une prolongation de trois ans supplémentaires, et les travaux sont programmés pour commencer le 17 septembre 2026, car il s'agit de la substitution d'un service de maintenance déjà en fonctionnement. L'attribution sera traitée par le biais d'une procédure ouverte conformément à l'article 82 du décret royal-loi 3/2020.
L'étendue du contrat est structurée en trois services différenciés avec leur budget annuel correspondant. Le premier est un service de soutien à distance avec une attention 24x7, opérationnel 365 jours par an pour la gestion téléphonique des incidents critiques, doté de 45 000 euros par an. Le second couvre la maintenance corrective, préventive et évolutive de faible complexité pendant les heures d'ouverture 8x5, avec un budget de 90 000 euros par an. Le troisième est destiné au développement de nouvelles fonctionnalités, avec une estimation de 1 800 heures de travail par an pour des développeurs frontend et backend, et un coût annuel de 81 000 euros.
Le bon fonctionnement de la plateforme dépend également de son intégration avec le système VTS (système de suivi des navires) de l'APBA et avec d'autres applications tierces. Cet échange d'informations est canalisé via un bus d'intégration de systèmes d'entreprise (ESB, Enterprise Service Bus), développé sur Apache ServiceMix, qui connecte le PMS à la plateforme de messagerie EDI, aux systèmes de facturation, aux systèmes communautaires portuaires (PCS) pour la gestion des services à bord du navire et aux systèmes de services techniques et nautiques des pilotes, entre autres. La maintenance de cet ESB fait partie de l'objet du contrat.
En ce qui concerne l'équipe humaine, le cahier des charges techniques établit des exigences de haute spécialisation. Un développeur senior full stack avec un minimum de 15 ans d'expérience professionnelle dans le secteur technologique est exigé, dont au moins 10 ans doivent avoir été consacrés au développement et à la maintenance de systèmes PMS de gestion des opérations maritimes. Ce profil doit attester d'une expérience en gestion de messagerie EDI, d'intégration avec des systèmes de facturation d'autorités portuaires, d'intégration avec des systèmes communautaires portuaires et avec des services techniques et nautiques. L'équipe est complétée par deux développeurs frontend et backend et trois techniciens d'assistance 24x7, tous avec au moins cinq ans d'expérience dans la pile technologique du système.
D'un point de vue technique, le PMS 2.0 est un développement sur mesure construit avec Spring Boot 3.4.5, Java 21 et une base de données SQL Server à l'arrière-plan, et Angular 20.3 à l'avant-plan. Tous les développements et déploiements sont exécutés sur Kubernetes via la plateforme d'intégration et de déploiement continu de l'APBA.
Les critères d'attribution assignent un poids de 60% au prix et de 40% aux critères qualitatifs. Parmi ces derniers, 25 points correspondent à la qualité et à la valeur technique de l'offre, et 15 points à l'expérience du personnel affecté au contrat. Les offres qui ne dépassent pas un seuil minimum de 20 points dans l'évaluation qualitative seront exclues du processus.
Le cahier fixe des accords de niveau de service stricts, avec des délais de résolution d'une heure pour les incidents critiques (avec un objectif de 95%), cinq heures pour les urgences élevées, deux jours pour les urgences moyennes et cinq jours pour les urgences faibles. Le régime de pénalités prévoit une déduction de 5% de la mensualité en cas de non-respect des niveaux de service dans un mois, de 10% si le non-respect se poursuit pendant deux mois consécutifs, et la possible résiliation du contrat sans indemnité si le troisième mois consécutif de non-respect est atteint.
Le dossier prévoit également une phase de transition d'un mois avant le début du contrat et une phase de restitution du service de même durée à la fin de celui-ci, des périodes conçues pour garantir le transfert de connaissances et la continuité opérationnelle en cas de changement de fournisseur.
