La Commission Européenne a lancé un appel à données pour connaître les principaux obstacles que rencontrent les entreprises de l'Union Européenne lorsqu'elles cherchent à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement et à recueillir des informations en vue de préparer un futur paquet de mesures destiné à réduire les dépendances dans des secteurs considérés comme critiques.
La consultation restera ouverte pendant quatre semaines via le portail « Dites-nous ce que vous en pensez » de la Commission Européenne et s'adresse aux parties prenantes qui souhaitent transmettre des informations sur les risques existants, les difficultés à obtenir des fournisseurs alternatifs et les outils qui pourraient être utilisés pour faciliter une diversification plus rapide des approvisionnements.
L'initiative s'inscrit dans les priorités de la Commission Européenne pour la période 2024-2029, qui incluent la compétitivité, la sécurité économique et la réduction de certaines dépendances externes. Bruxelles analyse pendant ce mandat les risques associés aux situations où des secteurs de l'économie européenne dépendent d'un nombre réduit de fournisseurs, de produits ou de marchés extérieurs.
La Commission considère que ces dépendances peuvent créer des vulnérabilités lorsqu'elles touchent des biens, des services, des technologies ou des matières premières nécessaires à des activités économiques jugées stratégiques. La stratégie européenne de sécurité économique identifie précisément la résilience des chaînes d'approvisionnement comme l'un des domaines nécessitant un suivi en raison de possibles interruptions ou restrictions dans le commerce international.
Le processus ouvert maintenant permettra aux entreprises, aux organisations sectorielles et à d'autres parties prenantes de fournir des informations sur les points où elles détectent les plus grands risques et sur les circonstances qui rendent difficile la recherche d'alternatives d'approvisionnement.
Bruxelles demande également des opinions sur la façon d'obtenir une diversification plus rapide et systématique et sur quels instruments, qu'ils soient existants ou nouvellement créés, pourraient être utilisés pour développer cet agenda. La Commission ne précise pas encore à ce stade les mesures qui feront partie du futur paquet, car l'appel vise précisément à recueillir des données avant de définir les actions possibles.
L'approche s'intègre dans le travail réalisé par les institutions communautaires en matière de sécurité économique. En décembre 2025, la Commission a présenté une approche axée sur six domaines considérés comme les plus à risque, parmi lesquels la réduction des dépendances stratégiques en biens et services, la protection des infrastructures critiques et la disponibilité de technologies considérées comme essentielles.
La stratégie communautaire combine le suivi des chaînes d'approvisionnement avec des mesures visant à avoir des sources alternatives lorsque des concentrations susceptibles d'affecter l'approvisionnement sont détectées. Bruxelles envisage également la coopération avec des pays tiers comme l'une des voies pour diversifier certains approvisionnements.
Un exemple de cette approche se retrouve dans les matières premières critiques. La Commission a lancé en décembre 2025 le plan RESourceEU, destiné à réduire les dépendances liées à des matériaux utilisés par des secteurs tels que l'automobile, l'industrie, la défense, le secteur aérospatial, les semi-conducteurs pour l'intelligence artificielle et les centres de données. Parmi ses lignes d'action figure la recherche de fournisseurs alternatifs et la coopération avec des pays qui disposent de ces ressources.
La diversification des chaînes d'approvisionnement apparaît également dans la politique communautaire de compétitivité. La Commission a signalé que l'UE dispose d'un réseau d'accords commerciaux et d'associations avec des pays tiers qui peut être utilisé pour élargir les sources de certains produits, matières premières, énergie et technologies.
Le nouveau processus de consultation a une portée plus large et vise à recueillir des informations directement auprès des opérateurs économiques sur les difficultés qu'ils rencontrent lors de la modification de leurs chaînes d'approvisionnement. Parmi les questions que Bruxelles souhaite analyser figure où se concentrent les principaux risques et quelles conditions peuvent limiter l'intégration de nouveaux fournisseurs.
La Commission prévoit d'utiliser les contributions reçues pour préparer son paquet de diversification, dont l'objectif déclaré sera d'accélérer la réduction de certaines dépendances existantes et d'éviter l'émergence de nouvelles vulnérabilités dans des secteurs critiques.
Le débat sur un instrument spécifique de diversification avait déjà été soulevé par la Commission Européenne en 2026 dans le cadre de ses travaux sur la sécurité économique et les chaînes d'approvisionnement. Le futur paquet s'ajoute ainsi à d'autres initiatives communautaires abordant des questions liées aux matières premières, à la capacité industrielle, aux technologies critiques et à la protection contre les interruptions de certains approvisionnements.
L'appel est ouvert à toutes les parties prenantes. En plus des contributions reçues par le biais de la procédure publique, la Commission a indiqué qu'elle continuera à maintenir des contacts avec les acteurs liés à l'initiative, y compris des représentants de l'industrie.
Les contributions peuvent être soumises pendant les quatre semaines de durée du processus via la plateforme de consultations publiques de la Commission Européenne. Le contenu recueilli fera partie du travail préparatoire du paquet de diversification avant que Bruxelles ne précise les outils qu'elle proposera pour les chaînes d'approvisionnement et les secteurs concernés.
