La Chambre de Commerce du Champ de Gibraltar a complété le changement de sa dénomination officielle et se nomme maintenant Chambre Officielle de Commerce, Industrie, Services et Navigation de la Baie d'Algésiras. Le président de la corporation, Carlos Fenoy, a expliqué ce mardi 28 juillet aux directeurs des médias les raisons économiques, territoriales et institutionnelles qui ont conduit l'entité à adopter sa nouvelle identité.
La modification a été autorisée par la Résolution du 22 décembre 2025 de la Direction Générale du Commerce et l'Ordre du 17 avril 2026 du Ministère de l'Emploi, de l'Entreprise et du Travail Autonome de la Junta d'Andalousie. Cette dernière disposition a été publiée dans le Bulletin Officiel de la Junta d'Andalousie numéro 78, du 24 avril 2026.
L'entité de la chambre attribue officiellement le changement à « des raisons stratégiques et institutionnelles » et le présente comme une évolution de son identité pour l'ajuster à la réalité économique, entreprises et territoriale qu'elle représente. Selon la corporation, il s'agit de « refléter avec plus de fidélité la réalité économique, commerciale et sociale du territoire que la Chambre représente », une réalité « construite par la force de ses entreprises, le dynamisme de ses municipalités, sa capacité logistique, industrielle et innovante et une projection internationale croissante qui transcende toute délimitation traditionnelle ».
Le poids de l'agenda extérieur dans cette décision est central. Fenoy a rappelé que la Chambre développe chaque année une activité internationale intense, organisée principalement avec Comport, avec des voyages et des missions où la promotion du territoire repose sur le Port Baie d'Algésiras comme principale carte de visite. Dans ce circuit de foires sectorielles et de réunions avec les autorités portuaires et les opérateurs logistiques, la région se présente devant des interlocuteurs qui identifient les territoires par leur marque portuaire.
C'est précisément dans ce domaine que la dénomination précédente engendrait des malentendus. « Nous générions plus de confusion, surtout à l'extérieur et surtout internationalement, que de certitude », a résumé le président. L'argument de fond, exposé lors de la rencontre, est que la dénomination affecte surtout la projection internationale des entreprises que la Chambre accompagne dans ces missions, car un nom erroné peut altérer la perception d'une entreprise sur les marchés extérieurs. À cela s'ajoute, selon ses indications, le retrait du Royaume-Uni de l'Union Européenne, qui a introduit un motif de confusion supplémentaire.
La Chambre considère que ce manque de clarté n'affectait pas seulement l'image de la corporation, mais aussi les entreprises qui participaient aux délégations commerciales. Le président a souligné que l'objectif principal du changement n'est pas la projection internationale de l'institution en soi, mais celle des entreprises qu'elle accompagne dans leurs processus d'internationalisation.
La modification de sa dénomination n'affecte ni sa structure organisationnelle, ni son siège, ni ses canaux de contact, qui restent inchangés. Sa délimitation territoriale ne varie pas non plus, englobant toujours les municipalités d'Algésiras, Los Barrios, La Línea, San Roque et Tarifa. L'objectif, selon l'entité, est de gagner en clarté institutionnelle et d'aligner son image avec celle d'autres organismes de l'environnement, tels que l'aire métropolitaine, l'Autorité Portuaire, le Campus Universitaire ou le Recinto Fiscal, en plus de consolider la marque Baie d'Algésiras comme référence économique et logistique.
La Junta d'Andalousie utilise également cette dénomination dans sa planification territoriale, où la Baie d'Algésiras figure comme l'une des zones métropolitaines de la communauté autonome. La Chambre estime que l'utilisation d'une marque commune facilite l'identification d'un espace économique formé par le port, les pôles industriels, les infrastructures logistiques, les municipalités et les entreprises qui y exercent leur activité.
Fenoy a souligné que la décision n'a pas été prise rapidement : la corporation cherchait le consensus des entrepreneurs de toutes les municipalités avant de l'amener au plénier. Le processus administratif qui a suivi n'a pas été immédiat non plus : à la résolution sur la dénomination a suivi la modification du règlement intérieur, avec des retards dus au calendrier électoral. La nouvelle marque apparaissait déjà dans les communiqués et la correspondance électronique de l'entité, qui compte près d'une centaine de félicitations reçues. Le président a également rappelé que la dénomination historique de la région n'est pas remises en question : « Nous sommes une région qui s'appelait historiquement Champ de Gibraltar, il n'y a aucun problème », a-t-il affirmé.
Interrogé sur la situation de Castellar, Jimena et San Martín del Tesorillo, dont les conseils municipaux ont approuvé des motions plénières concernant leur affiliation à la chambre, Fenoy a répondu que la question n'est pas oubliée, mais que la procédure est réglementée : ce sont les entrepreneurs de cette zone qui, de manière majoritaire, doivent demander leur sortie de la Chambre de Cadix et leur incorporation à celle de la Baie d'Algésiras. Une partie de l'activité de la chambre, surtout celle liée aux programmes européens, est limitée aux cinq municipalités de la circonscription, bien que l'entité accorde un soutien aux entreprises du nord.
La Chambre, créée en 1909 sous son ancienne dénomination, regroupe plus de douze mille entreprises. L'entité a annoncé des actions de communication pour transmettre la décision au public et aborde avec le nouveau nom son agenda 2026 : innovation et entrepreneuriat, la revendication d'infrastructures et le projet de zone économique spéciale.
