L'Opération Passerelle (OPE) 2025 s'est terminée dans les ports d'Algeciras et de Tarifa avec des maximas historiques dans les principaux indicateurs. Le président de l'Autorité Portuaire de la Baie d'Algeciras (APBA), Gerardo Landaluce, a quantifié à 3.022.815 le nombre de passagers, soit 5,3 % de plus qu'en 2024 ; 658.398 véhicules, avec une augmentation de 3,5 % ; et 86.510 camions, ce qui représente une croissance de 18 % par rapport à l'année précédente. "Jamais un chiffre aussi élevé n'avait été atteint", a-t-il indiqué, plaçant la part conjointe d'Algeciras et de Tarifa à 75 % du total national de l'OPE.
Pour dimensionner le volume, Landaluce a comparé le mouvement de passagers à "quatre fois et demie" la population de Séville (environ 700.000 habitants) et à "onze fois" celle du Champ de Gibraltar (279.000). Il a affirmé que les objectifs de sécurité et de fluidité "ont été atteints", même s'il a précisé qu'une analyse interne sur des aspects spécifiques de la gestion serait réalisée en vue des prochaines éditions.
Du côté maritime, le dispositif a enregistré 6.537 escales entre les ports du Détroit : 2.961 à Tanger Med, 1.968 à Ceuta et 1.608 à Tanger Ville. À cet égard, l'APBA a exprimé sa reconnaissance aux compagnies maritimes et à leurs équipages pour la coordination atteinte pendant la campagne, en ligne avec le schéma national dirigé par la Protection Civile et la Sous-préfecture du Gouvernement. La distribution des rotations a permis, selon Landaluce, de moduler les fréquences aux moments de plus forte affluence, avec des ajustements sur les routes Algeciras–Ceuta, Algeciras–Tanger Med et Tarifa–Tanger Ville.
Le port de Tarifa affiche l'évolution relative la plus marquée. L'enclave a accueilli 632.950 passagers (+13 %) et 116.751 véhicules (+12,4 %), de sorte que, selon Landaluce, "un passager sur quatre" ayant traversé entre Algeciras et Tarifa a utilisé ce port. Le président de l'APBA a souligné le travail de l'opération locale, avec une mention spéciale à la Police Portuaire, dans un contexte de pics de demande et de forte pression sur les espaces de pré-embarquement. En réponse aux critiques de la Fédération des Entrepreneurs de Tarifa, il a précisé la répartition des compétences : la régulation du trafic en dehors de la zone portuaire appartient à la Police Locale et à la Garde Civile, indiquant que la coordination avec ces corps et la Police Nationale a été maintenue tout au long de la campagne.
Au-delà de l'opérative, Landaluce a mis l'accent sur l'accessibilité. Il a rappelé que le port de Tarifa est Schengen depuis plus de 20 ans et qu'au cours de cette période "20 millions de passagers ont été gérés". Dans ce cadre, il a réitéré la nécessité d'un accès direct au site pour séparer les trafics urbains et portuaires et atténuer les congestions lors des épisodes de forte demande. Il a lié cette action à la duplication de la N-340 entre Algeciras et Tarifa — "le seul tronçon à chaussée unique entre Barcelone et Cadix", a-t-il noté —, considérant que les flux de l'OPE, la saison estivale et la mobilité quotidienne du Champ de Gibraltar justifient son exécution. Comme référence temporelle, il a cité le calendrier de la Coupe du Monde de Football 2030.
L'augmentation du trafic lourd a pris de l'importance en raison de son incidence opérationnelle. Le ro-ro de camions conditionne les fenêtres de quai, l'occupation des aires de stationnement et les délais de rotation en ligne. La combinaison de croissances dans les passagers, voitures et véhicules industriels a nécessité des ajustements continus dans la planification des escales, le dimensionnement des filtres de contrôle frontalier et la gestion des voies d'accès, avec une priorité variable en fonction de la demande et des besoins de sécurité. Selon l'APBA, l'équilibre entre le côté terrestre et le côté maritime a permis de contenir les temps d'attente durant les périodes les plus critiques.
Landaluce a encadré l'OPE comme "une opération d'État", avec un dispositif coordonné par la Protection Civile et soutenu par la Sous-préfecture du Gouvernement, les Forces et Corps de Sécurité de l'État, les services sanitaires, les municipalités et l'Autorité Portuaire elle-même. Le président a remercié le travail des équipes de l'APBA, des compagnies maritimes et des différents services publics impliqués, et a annoncé qu'en vue de 2026, des améliorations internes en capacité et en flux seraient étudiées, avec des propositions aux administrations compétentes en matière d'accès routiers.
Le bilan général laisse un scénario de demande croissante dans le Détroit, avec Tarifa comme port de croissance relative et Algeciras comme le noyau de plus grand volume. La combinaison de 3.022.815 passagers, 658.398 véhicules et 86.510 camions, ainsi que 6.537 escales à Tanger Med, Ceuta et Tanger Ville, configure une campagne de 2025 avec des enregistrements supérieurs à ceux de 2024. Selon l'APBA, le maintien de niveaux de service similaires dans les futures éditions passe par des actions de capacité sur le site et par l'amélioration des connexions routières externes, avec une priorité sur l'accès direct à Tarifa et sur la N-340 entre Algeciras et Tarifa.
