Le Conseil de l'Organisation Maritime Internationale (OMI) a conclu sa 137e session avec l'adoption d'une résolution en défense des droits et libertés de navigation reconnus par le droit international, ainsi que de la sécurité des navires marchands et des gens de mer qui opèrent sur des routes maritimes stratégiques.
L'organe exécutif de l'OMI a souligné que le droit de passage en transit par les détroits utilisés pour la navigation internationale ne peut être menacé, entravé, refusé, perturbé, diminué ni suspendu. La résolution survient dans un contexte de préoccupation croissante pour la sécurité du transport maritime dans certaines régions et pour les conséquences que les tensions géopolitiques peuvent avoir sur les équipages, le commerce et les chaînes d'approvisionnement internationales.
Le Conseil a également réitéré que toute mesure adoptée par les États riverains pour réguler le trafic sur ces routes doit se conformer aux réglementations de l'OMI et aux dispositions de la Convention Internationale pour la Sécurité de la Vie Humaine en mer (SOLAS). Ce cadre régule les aspects liés à la sécurité des navires, des systèmes de navigation, à la prévention des accidents et à la protection des personnes embarquées.
Une partie centrale de la session a été consacrée à la situation du transport maritime dans le détroit d'Ormuz et ses environs. Le Conseil a condamné les attaques contre des navires marchands civils enregistrés dans la zone et a appelé à une réduction des tensions au Moyen-Orient, face au risque que ces incidents représentent pour la navigation commerciale et pour l'intégrité des équipages.
L'OMI a indiqué que tout accord entre les États riverains doit garantir le droit de passage en transit de tous les navires, sans discrimination et sans entraves, à travers le système de séparation du trafic reconnu internationalement. Ce dispositif, adopté par l'Organisation en 1968, établit les voies de circulation utilisées par les navires traversant le détroit dans le but de réguler le trafic et de réduire le risque de abordages.
Le Conseil a également rappelé que le transit par le détroit d'Ormuz doit rester exempt de péages et de taxes, conformément au droit international et aux conventions applicables. Il a également demandé au secrétaire général de l'OMI d'analyser différentes options pour améliorer la sécurité du trafic maritime et de maintenir des contacts avec les États riverains, d'autres États membres et des représentants du secteur.
Cette coopération doit faciliter un retour coordonné et durable à la navigation sans obstacles sur l'une des principales routes énergétiques et commerciales du monde. L'organisation estime qu'il est nécessaire que les actions prennent en compte à la fois la sécurité des navires et les conditions de travail et de protection des gens de mer.
Au cours de la session, l'Indonésie, la Malaisie et Singapour ont présenté leur expérience en matière de gestion conjointe des détroits de Malacca et de Singapour par le biais d'un mécanisme de coopération rassemblant les gouvernements des États riverains, des pays utilisateurs et des représentants de l'industrie maritime.
Le système permet de partager les responsabilités et les ressources pour maintenir les aides à la navigation, améliorer la sécurité et répondre aux besoins découlant du volume de trafic élevé qui traverse les deux détroits. Le Conseil a invité les États membres et d'autres parties prenantes à faire des contributions financières ou en nature au Fonds d'Aides à la Navigation et au Fonds fiduciaire de l'OMI pour les détroits de Malacca et de Singapour.
Parmi les décisions prises lors de la 137e session figure également l'adoption du rapport annuel de l'Organisation pour l'année 2025. Le document résume les principales activités menées par l'OMI durant l'exercice et l'application de ses programmes liés à la sécurité maritime, à la protection de l'environnement, à la coopération technique et à la conformité avec les conventions internationales.
Du point de vue financier, les contributions proportionnelles des États membres ont continué d'être la principale source de financement de l'Organisation. Le taux de recouvrement a atteint 99,10 % en 2025, l'un des pourcentages les plus élevés du système des Nations Unies.
Les revenus totaux de l'OMI ont augmenté de 2,97 % durant l'exercice, atteignant 77,96 millions de livres sterling. Cette croissance a été associée aux contributions allouées et à l'augmentation des revenus provenant de la vente de publications et des services de cafétéria du siège.
Le Conseil a également approuvé une mise à jour de la Politique de Gestion des Risques et un nouvel annexe dédié à la gestion stratégique du risque de fraude. Le document établit des procédures pour identifier et gérer les éventuelles irrégularités au sein de l'Organisation et maintient la politique de tolérance zéro à l'égard de la fraude et de la corruption.
La session a également abordé le Plan d'Audit des États Membres de l'OMI (IMSAS), dont le premier cycle d'audits a été achevé. Depuis que les inspections sont devenues obligatoires en février 2016, 168 audits ont été réalisés concernant 165 États membres et trois membres associés.
Parmi les cinq audits prévus pour 2026, ceux concernant la Biélorussie, Haïti et le Mozambique ont déjà été achevés. Les travaux relatifs à l'Érythrée et au Yémen se poursuivent selon le calendrier établi. Le Conseil a encouragé les pays audités à autoriser la publication de leurs rapports, y compris le document final, afin de faciliter l'accès public aux résultats.
L'OMI a également élargi la liste des organisations non gouvernementales avec statut consultatif. Le Conseil a accordé cette reconnaissance à l'Association Internationale de Propulsion Électrique Marine, au Centre Mærsk Mc-Kinney Møller pour le Transport Maritime Zero Émissions de Carbone et à SEA-LNG.
La Ocean Foundation a reçu le statut d'entité consultative avec caractère provisoire pour une période maximale de deux ans. Une fois ce délai écoulé, le Conseil révisera son activité et sa contribution au travail de l'Organisation avant de décider de sa continuité.
En ce qui concerne la Journée Maritime Mondiale, le Conseil a accepté l'offre du Gouvernement du Qatar pour organiser en 2028 l'événement parallèle associé à cette célébration. L'initiative se déroule chaque année dans un État membre différent pour transmettre les objectifs de l'OMI à un public international plus large.
La Journée Maritime Mondiale de 2026 se tiendra le jeudi 24 septembre au siège de l'Organisation sous le thème « De la politique à la pratique : promouvoir l'excellence maritime ». L'événement parallèle aura lieu à Busan, République de Corée, les 26 et 27 octobre. Les Philippines accueilleront l'édition correspondante de 2027.
La cérémonie de remise des Prix de l'OMI de 2026 est prévue pour le 14 décembre à Londres. Le Conseil a décidé d'attribuer à titre posthume le Prix de la Vaillance Exceptionnelle en Mer à Adrian Willyson Brask, candidat proposé par le Gouvernement de Norvège et par la Fédération Internationale des Associations de Capitaines de Navire.
Deux autres lauréats recevront des certificats de reconnaissance pour leurs actes de bravoure, tandis que onze personnes seront reconnues par des lettres de reconnaissance.
Le Conseil a également sélectionné Jeffrey G. Lantz, candidat proposé par le Gouvernement des États-Unis, comme lauréat du Prix Maritime International de 2025, destiné à reconnaître des contributions significatives aux objectifs et travaux de l'OMI. L'amiral Peter Brady recevra une lettre de reconnaissance pour son travail dans le développement du secteur maritime de la Jamaïque et des Caraïbes, ainsi que pour sa collaboration avec l'Organisation.
