Ateia-Oltra Association des transitaires de la Baie d'Algeciras a dénoncé un « chaos absolu » dans le transport de marchandises à travers la frontière depuis la suppression de la Barrière et l'entrée en vigueur provisoire du traité entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. L'organisation assure que plusieurs camions avec des produits périssables restent immobilisés depuis la semaine dernière en attendant que les formalités douanières correspondantes soient complétées.
Dans des déclarations à Radio Algeciras de la Cadena Ser, le président d'Ateia-Oltra, Manuel Cózar, a lié l'accumulation de véhicules et les retards dans les opérations aux problèmes de fonctionnement des nouvelles applications informatiques mises en place pour la gestion des procédures administratives. « Les processus ne peuvent pas être réalisés car nous sommes complètement bloqués ; le système ne fonctionne pas », a résumé le représentant du collectif, qui attribue directement à ces dysfonctionnements l'impossibilité de compléter normalement les formalités nécessaires pour autoriser le mouvement des chargements.
Cózar soutient que le problème dure depuis longtemps et qu'il était prévu. « Nous prévenons depuis notre association et depuis la Fédération nationale depuis bien longtemps avant que l'accord soit signé », a-t-il affirmé. Selon son explication, l'expérience accumulée par le secteur montre que la mise en œuvre de nouveaux systèmes informatiques « pose de nombreux problèmes, surtout dans l'application du logiciel », ce qui, selon lui, rendait nécessaire une phase préalable de tests qui n'a finalement pas été réalisée avant le lancement du nouveau cadre.
L'association rappelle qu'à l'époque, elle a proposé d'établir une période d'adaptation pour vérifier le fonctionnement réel des systèmes et former les professionnels chargés de les utiliser. Cette période de rodage, insiste le collectif, aurait permis de réduire une grande partie des incidents qui affectent aujourd'hui le passage des marchandises par la frontière du Rocher.
Les retards ont suscité des inquiétudes parmi les entreprises gibraltariennes, notamment en raison de leurs éventuels effets sur l'approvisionnement en produits essentiels et sur le transport de marchandises avec des délais de conservation limités. Les professionnels du secteur avertissent que, si les procédures douanières ne retrouvent pas rapidement la normalité, des problèmes d'approvisionnement en médicaments et en denrées alimentaires fraîches pourraient survenir dans les jours à venir.
Face à cette situation, le gouvernement de Gibraltar a tenu la première réunion du Groupe Consultatif pour la Transition Entrepreneuriale depuis l'entrée en vigueur provisoire du traité. À la rencontre ont assisté des responsables du Service des Douanes du Rocher et des représentants de différents secteurs d'activité, dans le but de transmettre de première main les incidents enregistrés au passage frontalier pendant les premiers jours d'application du nouveau cadre.
La réunion a permis d'analyser le fonctionnement des nouveaux contrôles frontaliers et douaniers durant ce lancement. Les représentants des entreprises ont exposé les incidents détectés dans le mouvement des marchandises et ont transmis les difficultés opérationnelles qui affectent les importateurs, les transporteurs, les transitaires et les opérateurs logistiques. La casuistique couvre depuis des retenues prolongées de véhicules jusqu'à des problèmes pour compléter dans les délais les procédures douanières exigées par le nouveau régime.
L'exécutif gibraltarien s'est engagé à maintenir la coordination avec le Service des Douanes pour aborder les problèmes techniques et opérationnels qui pourraient continuer à apparaître pendant la période de transition. Il a également communiqué qu'il effectuera un suivi permanent de la mise en œuvre du traité et de son impact sur l'activité commerciale et logistique dans la région, avec une attention particulière aux goulets d'étranglement qui pourraient être détectés dans le passage des marchandises.
Le Groupe Consultatif se réunira à nouveau dans les prochaines semaines pour examiner l'évolution des contrôles, évaluer les mesures adoptées et recueillir de nouvelles contributions des entreprises concernées. L'agenda de ces rencontres comprendra probablement tant les ajustements techniques en attente dans les applications informatiques que les aspects organisationnels liés au déploiement du nouveau régime douanier.
Le passage frontalier entre Gibraltar et La Ligne de la Conception concentre quotidiennement un trafic élevé de marchandises destinées à l'approvisionnement du Rocher. La logistique douanière et son rythme conditionnent directement l'activité commerciale et logistique de l'environnement, ainsi que celle du propre Champ de Gibraltar, où se regroupent les opérateurs chargés du dédouanement des chargements qui traversent la frontière.
